17/10/2006

La nuit... tous les choix sont gris

La nuit… tous les choix sont gris.

Aussi vrai que dans la profonde et dense obscurité, les cônes inactifs de notre rétine ne perçoivent plus les couleurs, notre dispositif de systématisation décisionnelle, ne s’encombre plus des contours éthiques de l’apparence, des détails syncrétiques de la raison.

Notre psyché, provenant du grec psukhê, signifiant âme, se présente alors sous la forme d’une entité vivante, aussi autonome qu’immatérielle, aussi invisible que traîtreusement réelle, aussi pure que la flamme oculaire créée par l’admiration secrètement sadique d’un champignon nucléaire. C’est dans cet état de vérité

infrarouge, dans cet abîme d’immobilisme sensitif où les doutes se fondent, dans cette bulle d’éveil d’après l’éveil, que le choix libre peut naître de sa propre injonction. Le choix n’est pas libre par ce qu’il est conscient et volontaire, il est une conglutination d’éléments indépendants, inacceptables à la lumière du jour, il est un territoire pirate et rebelle au sein même de l’être, il est une éructation violente et inconsciente de l’individu uniformisé, il est une bombe à charge chaotique ciblée, constituant pourtant la seule chance d’attenter à l’Ordre d’autrui. Pourquoi dès lors est-il gris ?

 

Pas par ce que sa vraie nature est telle mais précisément par ce que l’illusion de la similitude, lui permet de déployer toute la cruelle puissance de sa différence. Il est un bloc d’instinct brut prouvant que la vérité constitue le plus artificiel des mensonges, alors que le faux se cache derrière la plus artificielle des réalités.

La nuit, au pic de la noirceur assiégeante, lorsque la plupart des interférences psychiques se sont tues, qu’il ne reste plus que le grondement métronomique et pulsateur du silence, s’élève dans toute sa fulgurance, une sorte de révélation, une compréhension sans passé,

une impression de présent infini au sein duquel l’immensité statique des questionnements se trouve avalée, puis, digérée par les gueules baveuses et avides du choix libre. Que ce soit en tentant d’acclimater ses ogives visuelles à l’adéquation de la pénombre d’une chambre

ou derrière le rideau de chair des paupières closes en plein boom onirico-tragique ; en clignant de tous ses feux devant la fureur d’un écran en connexion neuroptique ou sous l’effet intermittent de néons défectueux à empreinte fluorescente, il existe une vérité intrinsèque à la nuit.

Pour ce qui est de celle-ci, j’ai décidé de réécrire mais la nuit… tous les choix sont gris.      

     

        

02:56 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |