11/09/2006

Séisme endogène

Mesure psychologico-cardiaque officielle

de 7,5 sur l’échelle de « stresschter » :

 

les fonctions de son appareil perceptif semblent troublées, mais aucune discordance ondulatoire

ne peut être relevée au niveau de l’exomonde qui semble effroyablement statique. En effet, la magnitude du séisme est interne, elle relève de l’endomonde, c’est le monde du dedans, le monde organique, l’être-monde. Se produit alors une épouvantable aspiration, un maelström de panique soudaine, suivi très conséquemment d’un néant infinitésimal. A cet instant précis, inconcevable à l’observateur commun, l’endomonde se trouve complètement déconnecté de l’exomonde et durant cet éclair temps, le sujet est mentalement mort. Profitant directement du vide ainsi créé dans la coquille absente, surgit un tsunami de dopamine, une vague géante en écume d’électrochoc, qui serait capable, au niveau externe, de ranimer la planète toute entière.

 

Le stress se disait-il : rime avec faiblesse mais aussi avec :

conséquence inéluctable d’accélérateur atomique de vieillesse. Il est un supra-ordonnateur de génocide neurologique, une torture lente et diabolique, dévorant les entrailles avec plus de superbe qu’une colonie d’ascarides à genèse fraîche. Il fouille comme une sonde à tête nucléaire, contenant potentiellement, au niveau nanométrique, la puissance destructrice d’un millier d’Hiroshima. Sa matérialité consiste en un implant d’autodestructibilité à retardement progressif, c’est une machine invisible dont le programme contient pourtant une kyrielle de signes extérieurs…

 

L’interface de ce logiciel physiologique s’estompe enfin, il récupère une bribe de normalité dans sa respiration et son périmètre optique s’éclaircit à nouveau ; il fixait quelque chose avant d’être frappé par cet état et n’arrive que graduellement à deviner de quoi il s’agissait.

Un mur, un plafond plus précisément, oui, c’est celui de sa chambre, il est étendu de manière presque incrédule sur son propre lit. Il se trouve  alors de nouveau confronté à l’arrogante teinte blanchâtre de cette voûte, un écran plasmique qui fait défiler la panacée de ses illusions en un purgatif de flagellation picturale. Ses questions et ses doutes semblent s’imprimer en messages subliminaux sur ce diorama flabellé, comme un lavage de cerveau dont il serait à la fois l’instigateur et la victime. Cette projection virtuelle créée par son esprit s’analyse presque en une confession médullaire, touchant jusqu’à la moelle du problème, en un ex-voto de souhait irrémissible, ne lui octroyant aucun répit. Il pourrait fermer les yeux mais ses pensées agissent comme une injection d’atropine, le forçant à fixer inlassablement les conséquences de sa propre composition. Ni la lumière, ni l’obscurité ne sont aptes à dissiper cette trame qui l’enserre, il voit la bouteille non loin de là, voudrait la saisir pour sombrer dans un univers diffus qu’il aurait eut le mérite de choisir, mais comme s’il fut ataxique, son corps ne lui répond pas.

 

Les limbes de plus en plus denses, en couches asynchrones et lourdes, c’est là qu’il voudrait s’oublier, oublier d’oublier, pour ne se souvenir que de la seule chose véritablement certaine dans chacune des zones

de son être, à tout instant : ce nom unique aux reflets irisés, seul lien perpétuel entre l’endomonde et l’exomonde. Il le voit s’inscrire sans cesse sur les contours découpés de la plateforme blanche, distribuant

à chaque pensée projetée, une couleur chargée de la rendre encore plus vivante, plus supportable et plus belle. Si ses questions et douleurs sont le sujet de son état, ce nom prophétique est son endorphine, son apaisement opiacé aux délires d’ultime liberté. Il commence méthodiquement l’incantation en répétant de manière fanatique le fameux substantif. Petit à petit, s’y joint alors l’image de celle à qui il appartient. Son intensification est palpable et en vient à emplir la pièce entière comme une invocation à structure thermogène. Il la sent sur son corps, sur sa peau, qui le brûle, elle s’impatronise dans son sang en frénétique ébullition, elle est une substance présidant à l’acidification de ses craintes. Sa voix, qu’il tente de recréer, est une tornade d’émeri, ponçant en quelques sons la psychasthénie de son marasme cathodique imaginaire. Ainsi, les sentiments d’oppression

chimérique, se fondent peu à peu dans l’océan de cette présence salvatrice. Il faut fermer les yeux, ne plus penser, pour pouvoir plus vite la retrouver…

dans la réalité cette fois.

     

  

 

12:30 Écrit par L'ap | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

04/09/2006

Entre Elle et Lui

Elle :

 

faisceau fulgurant d’une polarité électrique, 165 centimètres d’impression rétinienne, information liminaire du portail synaptique, exquises courbes en connexion organique du canal cérébro-spinal, cordon invisible reliant l’instant IN à l’instant OUT, le point X, non encore existant et le point T, celui de l’assimilation sensorielle.

 

L’univers est infini mais Elle, en est le métacentre, un propylée luminescent, cause de sa contraction pupillaire. A partir de cet instant, son « Lui », entre dans le moment magnétique, il devient un esclave quantique, il subit le spin interrelationnel, le moment où tout bascule, il passe hors du champ de la conscience, il ne peut plus décider, il est asservi, il subit la conséquence inexorable du signal neurologique dont le globe oculaire fut le réceptacle.

 

Elle se trouve de l’autre côté d’une vitre inexistante, une virtualité réelle qui ne le protège que de manière extrêmement hypothétique, Elle est sa pensée, son souffle, son sang qui monte comme un magma en un inlassable lancement temporal… il tente de respirer mais ce n’est là que maladroite velléité. Elle remplit tout l’espace disponible, s’arroge toute consistance, Elle est une Méga cellule phagocytant chaque élément de son air, Elle est l’antithèse peroxydée de sa raréfaction pulmonaire.

 

Il sombre doucement mais sûrement dans une cinquième dimension : un couloir extatique où l’espace rejoint le temps, un instantané parfait… à espace infini, vitesse inexistante se dit-il et c’est exactement ce qui est en train de se produire, car le temps s’arrête, il ne voit et n’entend plus qu’Elle, il est le spectateur d’une joie pavlovienne, il est un soldat drillé, suivant le peloton de la circonstance, obéissant

à l’ordre du bonheur contre lequel il ne pourrait et ne voudrait, pour rien au monde, s’insurger.

 

Elle est à la fois organique, électrique, mais aussi physique, chimique et alchimique. Elle contient pour lui tous les secrets de l’univers qu’il lit dans ses yeux, Elle est un infra cosmos, une éternité lumière, une Voie lactée face à son incapacité à lui résister, elle est son rayonnement thermique à 3degrés Kelvin et son aurore nucléaire.

 

Le code cérébral originel se liquéfie peu à peu, il se transforme en un fluide rachidien qui pénètre sa moelle, il le sent, il devient vivant, il est source de sensation pure, il est l’interrupteur

schismatique du cortex qui ne répond plus. Lui, ne vit uniquement qu’à travers le prisme de cette auto-induction. Le zéro absolu est certes la température à laquelle plus rien ne survit, cependant, Lui, dans cet état, en vient à toucher, l’abandon absolu : le stade auquel plus aucun doute ne prétende résister.

 

Il coule dans les eaux polychromes de la « mesmérisation » comme un navire à cargaison narcotique. Elle est son irrésistible drogue, son injection quotidienne, son espoir en seringue de sourire, sa ligne de plaisir qu’il aspire en prononçant chaque matin son nom.

 

Il doit revenir à la surface, il a besoin de réalité, besoin de palpable, il lance tous les rouages de sa mécanique corporelle, il chauffe à nouveau le grand four de la machine au charbon de la dilection et tel un géant rouillé depuis des siècles, ses tentacules brachiales finissent par se déployer en un mouvement assuré. Du bout de ces membres, il articule son extrémité fonctionnelle en une cinétique métacarpienne, cinq arêtes cartilagineuses, qui s’écartent pour fusionner dans le mouvement qu’Elle, répète

scrupuleusement de son côté… dix doigts, deux mains unies et un brasier aussi énorme que celui qui serait produit par l’explosion d’un milliard de bombes au phosphore. Ca y est, il est de retour, il a reprit les rennes de son pouls galopant à l’allure d’un cheval apeuré. Il vit de nouveau dans le monde réel, celui que tous partagent mais dans lequel seulement Elle est son Tout, la main qui guide son cœur et le cœur qui guide sa main… cette main qui écrit ici en défiant l’arrogance de la nuit…

 

Mais ces mots sont très inférieurs à la vérité, car entre Elle et Lui, existe un lien qu’aucune science ne puisse exprimer.                     

 

 

01:50 Écrit par L'ap dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

01/09/2006

Inquisition

La perfection est le terminus des imbéciles.

 

En fait, c'est une ligne de bus qui se caractérise bien par un début mais qui n'a pas de fin. Tu peux siroter le cocktail de l'attente toute ton existence à l'arrêt, tu pourras jamais monter tant que tu ne cernes pas qu'il s'agit d'une route à calibrage infini, d'un vacuum à géométrie variable, d'un cylindre ontologique à irréversibilité unique.

Jadis, des trajets de bus, y en avaient pleins, dans une myriade corollaire de domaines, seulement, maintenant, les individus, coagulés en macromolécules grégaires, 

s'autoproclament chauffeurs holistiques d'un horizon perclus avant même d'avoir été étreint.

 

Je vais précisément "carcaniser" le débat sur un secteur particulier plus probant et plus touchant.

 

Aujourd'hui, la plupart de ceux qui se prétendent écrivains sont des banquiers poursuivant la capitalisation de la médiocrité, des boursiers organistes, fanatiques servants d'un libro-équilibre du "y a qu'à tourner". Je parle de tous les frocards de la culture qui troquent la bure de l'artiste contre le costard des anatocismes. Ces descendants de vendeurs de rêve, reconvertis en spéculateurs de talent, ces succédanés atrophiés de génies oubliés, ces plumitifs de salon, éboueurs de littérature en cycle inversé, qui au lieu de ramasser les ordures, se bornent à les créer, sur une page que la décence exhorterait à laisser blanche. 

Les lire est une agression de spiritualité olfactive, aux relents empyreumatiques d'un intellectualisme barbarisé, au sein duquel, la chair de l'ignorance, crépite aux flammes du profit. Ce sont des substrats formatés à l'hymne des "courbe-échine", des machines huilées à la mécanique des fluides pécuniaires.

Ils sont aussi utiles à la véritable Culture qu'un klaxon sur un avion mais servent de colonnes au temple opulent de la pagination économique. Malines créatures qui s'esclaffent en comptant le poids de leurs vaines péroraisons, se réfléchissant pourtant sur les rétines piratées de tant d'innocents. C'est là que frappe le mythe de l'autorité qu'ils s'arrogent, dans les couloirs pernicieux d'un laxisme qualitatif. A porte ouverte, s'engouffrent tous les martyres de l'incompétence, renversant la présomption de rejet, en un succès hypocrite.

 

Les pseudos victimes seront les intraitables bourreaux d'une spirale dégénérescente, les pisse-encre d'une fontaine noire absorbant chaque main appliquée sous une boue agnostique. Les derniers chevaliers de la Culture, s'ouvriront alors les veines pour que du sang de leur passion, naisse des mots soldats, des consonnes et des voyelles en armures, forgées au marteau de la connaissance. Ils enflammeront des virgules catapultées sur les murailles arrogantes des gouailleurs de ponctuation, ils feront des paragraphes structurés, les douves de leur survie et ils accrocheront à la bannière de l'alinéa, les espoirs de tout cet aléa.

 

Je repense aux vrais auteurs et je sombre dans la réminiscence ouatée d'un souvenir amputé, crachant peut être son dernier souffle au chevet de la déréliction. Je suis un anachorète du Verbe, un mujhaidin de la linguistique, un sniper de moutons littéraires, un inquisiteur condamnant au bûcher de l'oubli, les psalmodies de l'apathie créatrice. J'attendrai fermement que le tison brûlant d'un autre inquisiteur vienne me rougir la main du sceau de la honte, si j'en venais à moi-même oublier ce que je tente de défendre par la présente.

 

Un pape de la simplicité se serait probablement limité à dire: soyez sélectifs dans ce que vous lisez et achetez, car les mots influent grandement sur nous et qu'au lieu de nous sauver, ils sont en train d'engloutir cinq millénaires d'Héritage scripturaire en un épitomé désastreux.  

 

 

04:28 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |