22/08/2006

Mechapocalypse (partie 2/3)

Les machines, de plus en plus performantes, évoluées, intelligentes, nombreuses et unies, n’étaient que l’expression aveugle de ce que l’Homme pense toujours

pouvoir imposer un contrôle sans concessions.

Contournant le problème du clonage humain, ils créèrent,

dans une logique éminemment anthropomorphiste, des cyborgs aux fonctions diverses qui, extérieurement, ne pouvaient aucunement êtres distingués de leurs créateurs tant la ressemblance était effrayante. Ces derniers furent équipés de contrôleurs synaptiques émotionnels, chargés d’inhiber la plupart des sentiments considérés comme dangereux à la sauvegarde de l’Homme mais il s’agissait là d’un pas bien mince à franchir. L’entièreté de la question résidait dans le fait de savoir si un être créé artificiellement pouvait acquérir par le biais de l’autonomie et de l’expérience, une conscience propre.  

Au départ, le Conseil Urbain, était uniquement composé d’humains, les tâches de police se voyaient confiées aux milices robotiques alors que l’armée demeurait majoritairement fournie en effectifs « organiques ». Toutefois, tirant parti d’un cumul inextricablement complexe d’expériences et de données, les machines commencèrent à posséder l’ébauche d’une conscience, non pas au sens moral du mot mais en tant qu’éveil de leur propre état. La réalité était claire : les machines et robots peuplaient tous les secteurs nécessaires au fragile équilibre du système mis en place. La situation était plus que surréaliste mais les machines en vinrent à exiger le respect de droits propres en utilisant les mécanismes de protection des libertés érigés par les humains. Leur raisonnement partit du principe qu’étant des échelons indispensables à la vie sociale, et évoluant dans le même cadre, ils devaient bénéficier des mêmes prérogatives que les Hommes.

 Cet « éveil », ne manqua pas de pétrifier les plus hautes sphères de la race jusque là dominante. Des débats sans fin se tinrent au Conseil Urbain, puisque, Mechapolis était la capitale du Technomonde, fédérant toutes les autres villes, alors que les zones intermédiaires, abandonnées et privées de tout,

échappaient au découpage. Les réflexions se portèrent dans bien des directions pour trouver une solution au danger naissant, la lutte armée faillit même être prônée mais les structures dirigeantes conclurent que cela se solderait par un échec et que la négociation restait dès lors le meilleur moyen. De nombreuses émeutes éclatèrent dans les villes, dirigées contre les machines et visant leur destruction, elles étaient le fait de petits groupuscules indépendants et séparatistes qui connurent systématiquement une fin violente. Pendant ce temps, les robots parmi les plus évolués, apparurent en chefs pour les leurs et allèrent jusqu’à se présenter aux élections du Conseil Urbain. Le droit d’élection et le droit de vote furent donc, sous pression, ouverts aux machines à compter de ce jour.

 Il est aisé dès lors de s’imaginer la paranoïa émergente des humains à l’égard de leurs homologues mécaniques et des drames corrélatifs qui s’ensuivirent.

Les humains pouvaient être fier d’avoir donner vie à des entités aussi poussées intellectuellement mais il s’agissait là d’une fierté qui pouvait bien s’avérer terminale. En effet, très vite, les machines s’installèrent aux niveaux administratif, décisionnel, politique, scientifique, économique et petit à petit, militaire, même si ce dernier restait véritablement tabou.

Mechapolis, ainsi que toutes les autres villes fédérées, furent donc enfermées dans un modèle de cogérance où les machines ne manquaient pas d’affirmer leur poids de manière exponentielle. La classe riche et dominante, celle qui était aux commandes de la technologie et de la souveraineté, se transformait imperceptiblement en classe dominée. Les humains qui en avaient les moyens, s’étaient précipités aveuglément sur l’option des nanomachines, ils espéraient que cela guérissent leurs maladies, leurs confère des capacités boostées et prolonge leur misérable existence. Les robots ne manquèrent pas

par contre d’y voir une toute autre application : sans recourir à ce nom là, ils en vinrent à créer leur propre dieu, une machine d’une puissance défiant l’imagination qu’ils baptisèrent « le suprême intellect ». Grâce à cette technologie, qui officiellement, était supposée œuvrer au bien de tous, ils découvrirent le moyen de contrôler les nanomachines intégrées dans le corps des

humains et par conséquent, à les utiliser comme menace d’extinction. Tous les Hommes n’en étaient pas équipés mais ils étaient une marge assez significative pour prendre le contrôle sur eux. Les autres, furent forcés de s’en pourvoir, afin que les machines puissent imposer leur hégémonie par cette voie.

Ceux qui refusèrent furent tués ou virent leurs proches, truffé de ces puces nanoscopiques, éliminés de cette manière...

22:52 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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