07/08/2006

Le chant des sylvains

Peuple invisible de l'océan des arbres, maîtres des marées d'émeraude qui bruissent en vagues de vent aux premières cloches du matin. Dans vos veines point de sang mais la sève des souvenirs, qui coule dans vos coeurs de terre comme elle colle à l'écorce de vos pères. Avec les Hommes imprudents, vous êtes bien généreux, étouffant vos cris dans les racines du monde, pour ne pas gêner ceux qui viennent pourtant vous souiller. Des grands cerfs vous ne pouvez plus boire l'ombre des ramures, des petites rivières ne resteront bientôt plus que sombres sulfures. La mélodie des cisailles résonnant dans l'enceinte malsaine de la futaie, est pour vous, une bien funeste mélopée et pourtant les branches ne sortent point encore leurs épées. Votre royaume demeure en paix mais vos frontières sont sans cesse violées, baffouées, folie inconsciente que vous pardonnez. L'air pur de votre temple vert est, lui, en combat perpétuel avec les fumées de vos bourreaux mais vous préférez sacrifier les vôtres que de détruire l'oeuvre futile de vos ennemis.

Les feuilles qui jonchent le sol de votre palais sont comme un tapis funéraire dans le couloir de votre subsistence mais elles sont aussi le miroir qui reflète l'esquisse de l'ultime page de l'humanité. Trop aveugles qu'ils sont pour comprendre que vous détruire signera la stèle de leur propre anéantissement. Ô princes des fôrets, serviteurs du vent, joignez vos voix à celle de son apôtre, il vous en implore, ne taisez plus vos plaintes, j'entends votre chant mais il faut le faire résonner comme un canon qui rugit au faîte de la bataille. Que les racines se dressent en murailles acérées, que les rivières soient les douves claires de vos forteresses, que les branches soient les bras de votre justice inexorable, que chaque arbre soit votre soldat, que chaque plante soit un bouclier, que chaque graine soit une forge à vos futures armes et que le Vent soit votre général dans sa stratégie insondable. Ecoutez tous le chant des sylvains et entonnez le avec eux... il est temps... il sera chant de guerre ou chant d'adieu

22:56 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

.. J'ai lu ... très belle incantation!

Écrit par : *MeL* | 08/08/2006

à coeur ouvert... J'ai entendu le chant... là où le vent s'abrite

Géants de la forêt
De la bouche sombre de vos troncs
Saigne la marque du temps
Tache des cœurs exsangues
De la folie humaine

Personne que le vent lui-même ne pourrait mieux diffuser le chant profond et grave de ce qui somme comme un baroud d'honneur...

Au plaisir de relire tes mots en arabesques, je te dis à bientôt Apôtre du Vent...

Écrit par : crysalidea | 08/08/2006

BONJOUR je te souhaite une merveilleuse journée

Écrit par : COEURDENFANT | 08/08/2006

. . . Diantre ! De la prose poétique. Quel élan ! Zéphyr n’à qu’à bien se tenir et Mistral composer un profil bas. Éole, lui-même n’est pas fier. D’ailleurs, il est grec et les latins sylvains n’ont pas de remontrances et coups de semonces à recevoir d’un tel dieu. Démons ils sont, génies ils restent ! Pourquoi diable, un dieu voudrait-il élever son souffle sur de tels phénomènes que la conscience humaine à du mal à concevoir dans sa réalité ? (j’aborde tranquillement le sujet de la conscience qui fera l’objet d’un autre post plus approfondit ; celui-ci étant léger) Car un dieu naît de la conscience et de l’inconscience. Une alchimie qui dévergonde les esprits mystiques, au sens le plus étendu du mot et sèment leur découverte au plus grand nombre pour s’approprier le pouvoir des esprits craintifs. Un dieu est comme un phantasme Il a toutes les audaces, l’homme n’est qu’un laquais mais qui a l’audace de l’ignorer ou de le servir et pour certains tentés d’être son égal sans jamais l’atteindre. Nous pourrions nous poser la question : « - quelle(s) différente(s) entre un dieu et un démon ? » L’un est bon, l’autre mauvais ? Non, un dieu ou un démon est bon ou mauvais, selon la substance qu’on lui donne. A ne pas confondre avec Dieu dans les religions monothéistes où le démon est l’ange déchu qui loge en enfer. Pour en revenir sur les sylvains, je me demande s’ils ne réservent pas un mauvais sort aux bûcherons ? Il serait intéressant de créer une histoire dont le narrateur indiqué serait un passereau comme la fauvette ou la rousserolle qui vivent dans les bois et aussi un peu dans les prairies :)

Écrit par : Max-Louis | 09/08/2006

GW Je suis persuadée que le peuple végétal reprendra ses droits sur Terre lors de la disparition de l'Homme qui, bien présomptueux qu'il est, pense pourtant demeurer éternellement sur la planète bleue. Si je devais marcher au combat, j'irai contre les miens.

Écrit par : Greenwitch | 05/09/2006

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