05/08/2006

Le taxi

Des fois, tu sais pas pourquoi t'écris, t'en as simplement envie,

tu sais pas si on t'écoutera ou si tu seras lu, tu t'en fous, dans ces cas là t'écris pour toi... n'est-ce pas toujours le cas d'ailleurs?  Là je pense au temps, pas celui qu'il y a dehors mais celui qui bouffe ta vie, sournoisement, insidieusement, inévitablement, quoiqu'en fait ils semblent bien n'être que deux volets de la fenêtre d'une seule et même réalité... après la pluie vient le beau temps dit-on et après hier vient aujourd'hui, c'est le même cycle immuable qui les caractérisent dans le désintérêt total qu'ils ont de toi.

La vie a pleins d'aspects mais dans cette particularité temporelle, elle est comme un chauffeur de taxi. Un gars bien bavard, à l'ancienne, celui qui n'arrête pas de parler même si tu ne lui réponds pas, il te sourit par ce qu'il sait que tant qu'il te cause, son compteur tourne. Parfois tu tombes dans un embouteillage mais lui c'est pas son problème, il continue son monologue car son compteur n'a pas d'états d'âme, t'en viens alors à te demander si c'est le fait que t'arriveras en retard à ton rendez-vous ou bien le prix supérieur à ce que t'avais estimé qui t'inquiète le plus... ouais probablement que ça dépend du rendez-vous et aussi du prix mais ça, ça revient à pas dire grand chose. L'embouteillage, c'est le moment dans ta vie où tout se bouscule mais que t'avance pas, tu te mutiles le cerveau pour savoir si tu dois sortir du taxi et y aller à pied mais la plupart du temps tu restes dedans car t'espères que ça va s'arranger. C'est vrai parfois t'as un peu de bol et c'est le cas, alors tu t'en ressens pas trop, simple contre-temps justement, pour rester dans le sujet. Mais souvent, ça dure, t'as toujours plus de voitures qui viennent bloquer ton taxi et à l'arrivée tu douilles sévère. Ce compteur là, c'est la seule machine qui tombe jamais en panne, pourtant des fois t'as tellement d'étoiles dans les yeux quand tu montes dans le taxi, que tu le vois même plus et là t'as bien l'impression qu'il s'est arreté. Tu peux aussi avoir l'impression qu'il est trafiqué à d'autres moments, ta vie passe tellement vite que t'as quasiment la certitude qu'elle s'achèvera à la fin de la journée, comme une clope dont t'avais tellement envie que tu la tires d'un coup... mais après il reste plus que des cendres et tu t'en flammes une autre, c'est la même chose à la fin de ce type de journées car elles recommencent le lendemain. Dans la configuration inverse, tu peux aussi fixer le compteur et ne pas le voir bouger. Il tourne tellement lentement que tu te demandes si le chauffeur bosse pas au noir, dans un premier temps tu pourrais te dire que c'est positif mais quand ta vie passe au ralenti c'est souvent que tu sais pas quoi en foutre ou qu'elle t'ennuye et ce triste constat te fais vite déchanter. Peut- être bien que l'enfer c'est en fait une compagnie de ce genre là: "les taxis de l'abîme"... avec au volant nos propres démons car quand t'es face à tes peurs, à tes erreurs, à tes conneries, t'es un peu comme le passager de cette bagnole. C'est pas toi qui est aux commandes et pourtant tu sais que t'auras qu'un certain temps pour les reprendre, car le compteur clignote en rouge sur l'écran digital de ta nuit, de ta vie et tu sais pertinemment qu'il ne s'arretera pas de tourner. Alors t'ouvres la fenêtre pour avoir un peu d'air mais c'est pas ça qui te sauvera, d'ailleurs l'atmosphère est probablement polluée et t'asphyxiera plus qu'autre chose.

En fait, faut pas avoir peur de lui répondre à ce chauffeur bizarrement luné, tu lui fais comprendre que son compteur et lui ont pas d'emprise sur toi, faut que tu profites de chaque moment passé dans son taxi, observe l'extérieur même si c'est pas toujours joli. Peut-etre bien qu'à un feu, tu verras une autre voiture avec une passagère qui te plais, à ce moment là t'en auras plus rien à faire de l'air pollué et t'ouvriras quand même ta fenêtre pour lui parler. Le compteur tourne jamais à reculons... ouais c'est vrai, le temps ne revient pas, seulement si tu le comprends vraiment intimement et que tu vis chaque instant à fond en l'acceptant, tu craindras jamais l'addition.

Puisqu'on parle du temps, j'espère que t'en auras pas trop perdu en lisant ceci.  

20:22 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Paraboles en oboles, L'apôtre du vent d'un tour de main,
Fait naître la conscience en notre sein,
Il offre à nos âmes, un bouquet carmin,
De réflexions en paraboles de citadin...

Mercure.

Écrit par : Mercure. | 05/08/2006

Bonsoir l'Apôtre Franchement? J'aime ce que tu écris et je me surprend à ne plus regarder le compteur et te lire jusqu'au bout.
Le Temps qui passe, le stress,les grands maux du Siècle qui découle de notre évolution trop rapide, et le compteur, l'addition risque d'être salée avec le regret de s'être embarqués dans ce taxi.
Profiter de chaque minute, de chaque instant est le seul remède connu à l'heure actuelle, et moi, je mettrai tous mes instants à profit pour tenter de sauter de ce taxi en marche, en tentant d'attirer le plus de personnes avec moi.
Echapper quelques instants, au temps, le temps de réaliser, de comprendre et de trouver un taxi moins rapide, peut être démodé, mais si possible tiré par deux chevaux, et non par cent, Histoire de mieux profiter du voyage et de mieux et prendre le temps de déguster l'omelette.
A te lire, je te laisse l'adresse d'une Histoire que je suis en train d'écrire, un Retour aux sources, qui rejoint un peu cette course contre le temps et tenter de démontrer que la vie avait peut être meilleur goût au contact de la Nature.
Le Druide te salue
Amitiés

Écrit par : Geronimo | 06/08/2006

. . . Comparer le Temps et le compteur de la course d’un taxi, est intéressant. Chaque passager est lié au Temps et celui-ci nous fait payer son tribut, de succès ou d’échec, à la différence que la monnaie n’est pas le même, l’une est trébuchante, l’autre est de notre vie. Le Temps tourne quoi qu’il arrive comme le compteur, à la même vitesse. Si le temps à une vitesse constante, l’impression de sa constance varie selon le moment de l’activité concernée. Effectivement, pour chacun d’entre nous le temps s’écoule plus ou moins vite et l’addition change d’autant. Il est à remarquer que le Temps ne peut se soustraire, ni se multiplier et encore moins se diviser.
Et pourtant l’on parle de « perdre du Temps », de « gagner du Temps ». Le Temps, lui, est égal à lui-même dans toutes les circonstances à se demander si le Temps existe vraiment, si ce n’est pas une vue de l’esprit pour se donner un repère. L’on touche du doigt le point sensible de l’existence humaine de notre société. Le Temps est une denrée essentielle. Nous le goûtons, nous le dévorons et parfois nous le vomissons. Le Temps est ce ventre matriciel qui nourrit notre présent, comme notre passé et son futur s’invente. Le Temps se conjugue. Il est une toile qui nous lie les uns aux autres. Le Temps est un dessin et nous parlons de destinée. Le taxi en est le support, le conducteur notre chauffeur et nous sommes l’ordonnateur. Nous pouvons changer de taxi à tout moment et de direction, le but, lui, est immuable.

Écrit par : Max-Louis | 06/08/2006

bonjour je te remercie, pour commencer, de tes passages dans mon monde !! tu as une belle vision du regrets, et merci de m'avoir fait penser, chose que j'avais oublié, aux remords !! c'est vrai que les remords et les regrets sont subtils comme comparaison !! je vais déplacer, si tu le permet, ton post a la bonne place, enfin, si j'y arrive !!
ensuite, je vais continuer sur " le temps " !!
tu as une réelle vision du temps qui passe, et tu fais un rapport étroit avec un chauffeur de taxi !! je vais te dire quelque chose, mon cher ami, je suis chauffeur de taxi !! si si !!
le temps passe si vite, surtout quand celui-ci est occupé, que je cherche toujours à le ralentir !! je ne le vois pas au ralenti, des fois je le voudrais, surtout quand je n'ai personne a bord !! pour moi, le compteur est secondaire, seul la relation humaine est importante pour moi !! si le prix de la course est trop importante, je fais une fleur, surtout si le client a été sympas !! si les relations humaines n'existaient pas, le temps serait alors tres long, et come tu dis si bien, c'est que tu ne serais pas quoi foutre de tes journées !! je plains ceux qui ne font rien !! quoique, leur chance à eux, c'est que cela dure plus lontemps !! va savoir !!
passe une belle journée, cher ami !!
a bientot de te lire, chose que j'aime énormément, et je pense que bcp de monde vont venir te lire, tellement que tes pensées sont justes et tres réels !! c pareil, ça non ?
amicalement
luther

Écrit par : luther | 06/08/2006

si je te dis que j'ai un pote ingénieur dans mes amis....tu ne me remets toujours pas?
Si c'est le cas ...tant mieux ainsi tu sauras comme j'aime écrire et me défendre...et les gens qui me défendent autours de moi... des vautours(ce n'est pas toi, biensûr!)
Si c'est pas le cas, ne te pose pas trop de questions, je suis une vraie femme bizarroïde...:-)
Pour la lecture, tu voudrais pas, stp, agrandir ta police de caractères et mettre une autre couleur? Myope... je suis!
@ plus?

Écrit par : milady | 06/08/2006

merci pour m'avoir exposé ton point de vue intéressant ...ce qui est important est que l'on m'a vue souffrir et que l'on m'aime et que l'on me protège moi aussi!....quant à certaines pointes d'humour qui étaient très malsaines , on m'a vue pleurer à cause d'elles....ainsi t'auras une idée du pourquoi et du comment....cette forme d'humour sur mon savoir-vivre et mon intelligence, j 'ai déjà donné et mes proches le savent bien...
Et j 'ai dû détruire un blog (plus de 4500 passages en 2 mois) pour qu'on ne m'attaque plus! Des heures entières de boulot!(menaces du mentor de la dame concernée) alors les ingénieurs, ils comptent ...les chiffres et je compte pour eux;-)

Alors ces personnes-là, peuvent rester où elles sont...la jalousie, l'agression et la souffrance ne sont pas mon apanage mais le bonheur :oui!
Quant aux artistes, ils sont toujours bizarres...c'est ce qui fait qu'ils le sont....
voilà..........
Maintenant si je dérange ...il y aurait eu d'autres façons pour me le faire comprendre gentiment...tu vois ...
amicalement ...

Écrit par : MILADY | 06/08/2006

un détail ...merci de ne pas me rappeller aux mauvais(ou bons) souvenirs de ceux-là dont je parle dans mon com d' avant....
bise

Écrit par : milady | 06/08/2006

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