04/09/2006

Entre Elle et Lui

Elle :

 

faisceau fulgurant d’une polarité électrique, 165 centimètres d’impression rétinienne, information liminaire du portail synaptique, exquises courbes en connexion organique du canal cérébro-spinal, cordon invisible reliant l’instant IN à l’instant OUT, le point X, non encore existant et le point T, celui de l’assimilation sensorielle.

 

L’univers est infini mais Elle, en est le métacentre, un propylée luminescent, cause de sa contraction pupillaire. A partir de cet instant, son « Lui », entre dans le moment magnétique, il devient un esclave quantique, il subit le spin interrelationnel, le moment où tout bascule, il passe hors du champ de la conscience, il ne peut plus décider, il est asservi, il subit la conséquence inexorable du signal neurologique dont le globe oculaire fut le réceptacle.

 

Elle se trouve de l’autre côté d’une vitre inexistante, une virtualité réelle qui ne le protège que de manière extrêmement hypothétique, Elle est sa pensée, son souffle, son sang qui monte comme un magma en un inlassable lancement temporal… il tente de respirer mais ce n’est là que maladroite velléité. Elle remplit tout l’espace disponible, s’arroge toute consistance, Elle est une Méga cellule phagocytant chaque élément de son air, Elle est l’antithèse peroxydée de sa raréfaction pulmonaire.

 

Il sombre doucement mais sûrement dans une cinquième dimension : un couloir extatique où l’espace rejoint le temps, un instantané parfait… à espace infini, vitesse inexistante se dit-il et c’est exactement ce qui est en train de se produire, car le temps s’arrête, il ne voit et n’entend plus qu’Elle, il est le spectateur d’une joie pavlovienne, il est un soldat drillé, suivant le peloton de la circonstance, obéissant

à l’ordre du bonheur contre lequel il ne pourrait et ne voudrait, pour rien au monde, s’insurger.

 

Elle est à la fois organique, électrique, mais aussi physique, chimique et alchimique. Elle contient pour lui tous les secrets de l’univers qu’il lit dans ses yeux, Elle est un infra cosmos, une éternité lumière, une Voie lactée face à son incapacité à lui résister, elle est son rayonnement thermique à 3degrés Kelvin et son aurore nucléaire.

 

Le code cérébral originel se liquéfie peu à peu, il se transforme en un fluide rachidien qui pénètre sa moelle, il le sent, il devient vivant, il est source de sensation pure, il est l’interrupteur

schismatique du cortex qui ne répond plus. Lui, ne vit uniquement qu’à travers le prisme de cette auto-induction. Le zéro absolu est certes la température à laquelle plus rien ne survit, cependant, Lui, dans cet état, en vient à toucher, l’abandon absolu : le stade auquel plus aucun doute ne prétende résister.

 

Il coule dans les eaux polychromes de la « mesmérisation » comme un navire à cargaison narcotique. Elle est son irrésistible drogue, son injection quotidienne, son espoir en seringue de sourire, sa ligne de plaisir qu’il aspire en prononçant chaque matin son nom.

 

Il doit revenir à la surface, il a besoin de réalité, besoin de palpable, il lance tous les rouages de sa mécanique corporelle, il chauffe à nouveau le grand four de la machine au charbon de la dilection et tel un géant rouillé depuis des siècles, ses tentacules brachiales finissent par se déployer en un mouvement assuré. Du bout de ces membres, il articule son extrémité fonctionnelle en une cinétique métacarpienne, cinq arêtes cartilagineuses, qui s’écartent pour fusionner dans le mouvement qu’Elle, répète

scrupuleusement de son côté… dix doigts, deux mains unies et un brasier aussi énorme que celui qui serait produit par l’explosion d’un milliard de bombes au phosphore. Ca y est, il est de retour, il a reprit les rennes de son pouls galopant à l’allure d’un cheval apeuré. Il vit de nouveau dans le monde réel, celui que tous partagent mais dans lequel seulement Elle est son Tout, la main qui guide son cœur et le cœur qui guide sa main… cette main qui écrit ici en défiant l’arrogance de la nuit…

 

Mais ces mots sont très inférieurs à la vérité, car entre Elle et Lui, existe un lien qu’aucune science ne puisse exprimer.                     

 

 

01:50 Écrit par L'ap dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |