15/06/2009

Flou

Les yeux ouverts, le ciel fermé, l’indolence de la nuit s’agrippe à ma conscience comme une couronne de ronces et se joue tel un Malin génie de toutes mes certitudes. Le vrai produit le faux lorsque l’immonde produit le beau. L’ombre jusqu’aux genoux, dévore ma silhouette, fais de moi l’apotemnophile de tous les rêves amputés. Je tremble devant tous les futurs qui ne seront pas, de ces avenirs incompossibles, victimes d’un meilleur in-calculé. Que l’aube semble loin lorsqu’à l’affût du sonar myocarde, l’esprit guette les pulsations schismatiques de vie qui s’égrènent en murmurant ce que je ne suis pas encore. Réveille toi ! Que dis-tu fou ? Tu ne dors pas ! Râle suspendu, geste avorté, espoirs rouillés, qu’attends-je encore des fulgurances électriques produites par l’entortillement des corps, pourtant si éloignés ? Etre là, projet jeté, et se demander ce qui fait sens : revisiter chaque choix posé comme un pas dans un champ de mines, attendre le jour nouveau sous la lueur métallique des mitrailleuses, lorsque les tiers incrédules ouvrent le feu sur les amants des tranchées, passer les doigts d’une façon onirique dans une chevelure de barbelés, pour qu’à chaque crainte, à chaque douleur, tue ou pas… il faille tout recommencer.

 

Quel est le prix d’un secret connu mais qui ne peut être prononcé ? Et que vaut le bonheur que l’on se paie avec les dollars amers d’un tel silence ? Ce qui fait sens pour toi, « l’être là », c’est ce qui permet de remplir les charniers à une époque où se multiplient les discours sur les droits et le respect, c’est ce qui permet au maton immatériel des interconnexions informationnelles de transformer la liberté en plus-value, c’est ce qui permet à la démocratie de se prostituer et c’est ce qui permet de te construire une romance dans un monde que le langage a déconstruit. Etre ici et maintenant ce que l’on doit nécessairement être, implique une volonté de puissance, une éthique de soi, une morale des forts, car ce n’est qu’en niant la négation que l’on peut s’approprier la positivité de l’autre. Vivre l’instant choisi plutôt que l’instant forcé, sans cesse décidé par l’altérité d’une histoire que l’on écrit à deux mais que l’on joue à plusieurs, est le seul moyen du vivre ensemble. Maintenir ses valeurs, sa conception du bonheur, envers et contre tout, pour éviter de se faire broyer par la norme de l’autre, permet de réconcilier le bon avec le juste et de définir les principes de sa propre destinée. Tu écris peut être ce que tu crois, peut être ce que tu vois mais entre cet Etre ici qui rédige cela et cet Etre là, qui demain sera, la ligne reste floue.

 

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18/09/2008

Confiance : sniping range unlimited

La culasse est happée vers l’arrière, avec force mais maîtrise, de la main gauche, la même main possédant un contrat d’assurance quotidien avec la veuve poignet.

La position est stabilisée, le diazépam ingurgité, l’œil se glisse dans la lunette comme la verge d’un violeur dans la matrice de sa victime. La cible est verrouillée, cela pourrait être un troufion allemand dans les rues de Stalingrad, un gosse bosniaque dans les rues de Sarajevo ou un sergent américain dans les faubourgs de Bagdad mais ici, c’est la confiance qui est mise en joue. « Bang », l’intensité quantique de l’existence n’est jamais aussi prononcée qu’au moment infiniment imperceptible précédant la mort. Une sorte de cordon invisible étiré entre un passé flash et un présent/continuum avorté. La poudre mise à feu subit l’assaut sournois du percuteur, le coup part, le point de non-retour est franchi, 7.62mm, le calibre, à multiplier par 50 tonnes, le poids du vice. Entassé en une masse compacte, sorte de gélatine recomposée en tissu de conneries, la matière la plus solide au monde, la boîte noire des apocalypses sentimentales, relationnelles, humaines.

 

Telle est l’équation terminale, la mathématique du meurtre, la comptabilité en partie double édictée par les financiers du crime, l’opulent théorème macabre du dernier souffle de vertu. Quelques témoins éberlués parcouru par le frisson du drame, par l’alchimie incohérente du questionnement, observent impuissants le flirt indécent de l’hémoglobine et du béton, idylle née de la boîte crânienne ouverte à l’image d’un Pandore assassiné. La première règle prévoit de ne jamais tourner le dos à Mr. Confiance, il aime vous trouer par derrière comme une gigantesque plate-forme de forage invisible au fond des mers de votre conscience. Le trépan, c’est le doute, le doute instigateur de tout abandon. Les hydrocarbures en prospection sont ces petites parcelles d’innocence que la vie vous apprend à cacher dans les recoins secrets de votre être, cette palissade ontologique destinée à protéger la fragilité que chacun porte intrinsèquement et qui s’avère fatale dans un monde de cruauté et de sang.

 

Alors Mr. Confiance sort les violons, les violoncelles pour être exact, il en joue fort bien d’ailleurs, un virtuose de sournoiserie, le Rostropovitch du mensonge maquillé, le Prokofiev du son cataclysmique endogène, à l’image d’un dirlo-catho-mégalo-schizo qui suiciderait sa cohérence dans un riff de métal post-nucléaire. La transcription ondulatoire du blasphème acoustique à l’échelle planétaire, l’incarnation désincarnée d’un invisible devenu matériel, le graphique hertzien de l’os qui te pilonne l’anus sans douleur ni violence, comme le bourdonnement effrayant produit par le silence d’une nuit qui tombe. L’archet cours sur les alvéoles des cœurs imprudents, il tente de séduire, de glisser avec le consentement de l’intéressé, à travers la palissade de tous les interdits, comme l’on dévergonde une vierge ; et il y parvient, car il est fait pour ça, c’est son job, il a aussi droit à la rémunération des salopards qui sourient avant de commettre l’irréparable. La rémunération ou plutôt le salaire, en tant que contrepartie directe pour satisfaire l’ogre sémantique, consiste en l’ouverture de portes scellées, un accès direct et sécurisé vers la salle des coffres des blessures enfouies et des erreurs à ne pas dupliquer.

 

Du violon au H&K MSG-90, il n’y a qu’un pas, le geste est tout aussi assuré et tout aussi vicieux, tout aussi invisible et tout aussi meurtrier. On a toujours le sourire quand la balle sort du canon, on est toujours incrédule quand on se fait sniper, on est toujours idiot quand on fait confiance, on est toujours béat quand on se fait entuber…et on est toujours paranoïaque si l’on pense le contraire.

 

L’Homme dans l’étendue insondable de sa diversité, possède tout de même quelques substrats communs viciant son cortex de façon systématique à travers les âges. La première d’entre elles, serait probablement la propension frénétique à se précipiter dans les trous qu’il a lui-même creusé, comme autant de tranchées métaphysiques ouvertes sur le regard d’un Dieu à géométrie variable, à répéter encore et encore les erreurs sur lesquelles il disserte pourtant avec une acuité performative valant le détour. Alors il recommence, car il a été programmé pour ça, l’homme est une machine comme les autres, sauf que le critère déterminant de sa perfection est l’irréparable faille de son imperfection, c’est cela qui le rend si beau, si con, si humain.

 

La vie est un cycle composé de microcycles c’est pourquoi je suis là, c’est pourquoi j’écris, c’est pourquoi je le fais ici alors que j’aurais pu le faire ailleurs ou pas du tout, c’est pourquoi je m’attends à recevoir toujours aussi peu de commentaires venant des mêmes personnes si elles existent encore sur ce bout de virtualité conquérante, c’est pourquoi secrètement mon ego espère qu’il en sera autrement, c’est pourquoi j’aime l’infinité que l’écriture procure, comme le désert, les étoiles, l’océan ou la mort, c’est pourquoi j’aime utiliser une forme légèrement tordue, proportionnellement hermétique à la motivation du lecteur, c’est pourquoi je vous fait confiance en ne vous connaissant pas.

 

Ne vous détrompez pas, la confiance est indispensable dans ce monde…

                  comme les mots et les bombes.

 

 

 

15:05 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

18/01/2007

Ex ignis

Ex ignis nasci verbum : la parole naît du feu,

du feu de la liberté, consenti à l’humain en tant

qu’outil de narration démiurgique. Analytiquement,

le pouvoir du mot n’est rien d’autre qu’une arme qui

lui fut conférée, afin de structurer individuellement

son propre Monde, au sein d’une matrice collective.

Le langage tue par ailleurs davantage que les

munitions gouvernementales génocidaires, mais il représente la portion de chaos nécessaire à la survie

de l’ordre. Au fil du temps, au gré d’avancées spectaculaires et de marches à rebours tout aussi impressionnantes, l’Homme a compris l’enjeu phénoménal du logos, le ciment massif des antiques phratries oratoires. Dès lors, à l’avènement révolutionnaire des libertés, il choisit à juste titre d’instituer celui-ci en principe roi. Malheureusement, aujourd’hui, le droit d’expression constitue le moins fondamental des droits fondamentaux ; pas dans son principe, auquel les partouzeurs endimanchés de l’hypocrisie systématique d’appellation contrôlée, s’attachent encore avec acharnement comme une

relique qui appartiendrait à un Dieu n’existant plus,

mais bien dans son application, dans ce que je

pourrais qualifier d’exercice de la

« liberté immanente ».  L’opinion publique, le cri

de la masse, s’est érigé en potentat contre le

soulèvement des individualismes, contre la tentative

du progrès intellectuel, en instaurant l’ère d’un

nouveau monopsychisme, dont la substance pensante

ne serait pas le « suprême intellect » mais plutôt, le suprême « sociétatisme » ou encore, l’expression

unique de la société/Etat.

 

Paradoxalement ou logiquement selon le mode de

pensée que l’on met en œuvre, l’on peut remarquer

que le désir et l’exercice le plus marqué de cette

liberté se rencontre dans les pays où celle-ci n’existe

pas. Quand je dis là où elle n’existe pas, il faut plutôt entendre là où elle est interdite, je parle des endroits

où la parole est un fusil, où la pensée est une bombe menaçant de faire sauter les illusionnismes tyranniques, où les prisons regorgent d’hommes libres. Je parle des soldats de la vérité et de la critique, torturés, incarcérés

et assassinés pour avoir osé vérifier l’hygiène buccale

des mange-merde : ceux qui portent les étoiles d’un général, la cravate d’un haut fonctionnaire ou la tenue cérémonielle d’un président. La raison de ce silence

ou à tout le moins, de cette assimilation spirituelle,

n’est autre que la peur, sous tous les aspects que

celle-ci peut recouvrir. Nombreux sont ceux qui considèrent la vie comme un droit, or il n’existe

pas de telle chose que le droit de vivre, uniquement

le risque de vivre. En effet, la vie est un combat de manière tout autant symbolique que primaire, tout combat comporte un risque, fusse-t-il même hypothétique, et par conséquent, selon une application rigoureusement syllogistique, la vie incarne le risque.

Un risque que, parfois de façon intrinsèque, beaucoup n’osent pas prendre, ceci amenant au constat éloquent, qu’avant la mort, c’est la vie elle-même qui effraie.

 

Le but condensateur de ce combat réside dans la découverte du pourquoi, ce dernier étant le seul

véritable pouvoir, le seul secret du contrôle. Une fois

que l’on a découvert le pourquoi, il faut s’y consacrer pleinement avec le courage dramatique de l’ultime

action car comme le disait Bertolt Brecht : « celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ». Or l’humain combattant, sociologiquement établi, a peur d’autrui, peur du rejet du groupe et de ce fait, subit une perte de puissance de l’être au sens du conatus spinozien, le conduisant à refouler l’expression de son désir ou de son opinion primordiale. Pourtant, si l’on décide de suivre Stendhal, on acceptera que « les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur ».

 

Au départ créature gratifiée par la flamme « d’autotranscription », fragmentation de la lumière divine en quantique narrative, l’individu ou plutôt ce qu’il en reste, vogue doucement de l’état d’être pensant

à celui d’être pensé. La machine sociétale pense le

pantin du mot à l’intérieur d’elle même, celui-ci

devenant une simple articulation mécanique de son

joug silencieux. Le danger inique de la liberté consiste

à en donner un minimum palpable, permettant à

l’individu d’en faire un usage illusoire, mais de ne pas

en prêter assez pour pouvoir se rendre compte qu’il

n’en possède aucune. Gargarisés qu’ils sont par le goût éthéré de leurs chimères, les penseurs robotisés poursuivent à outrance leur droit à l’expression mais comme le soutient Kierkegaard : « les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter ». Ainsi, le feu de la parole ne sert plus comme outil de spécification ontique, comme division finie de l’indivisibilité céleste infinie.

Non, il sert de porte-voix au monopsychisme « sociétatique », il sert à exprimer ce qui est « pré-pensé », il sert à détruire ce qu’il devait édifier.

Quelle est cette funeste mélopée ? Est-ce l’agonie

du Verbe à laquelle nous assistons ?

Né du point d’ignition cosmique immanent il est

peut être après tout destiné à périr dans les cendres,

sur les vestiges de l’humanité chancelante. Ou alors il survivra comme un secret pour ceux qui osent le préserver, car je crois que seules les choses que nous redoutons de perdre sont véritablement immortelles. 

          

     

 

     

 

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25/11/2006

La métaheuristique de la Foi

Immatérielle. Inexplicable. Irrationnelle. Insondable. Infinie parfois, rarement, de plus en plus exceptionnellement. La Foi propulse le message supinateur de la main qui prie, celle qui prie le Dieu des derniers rêves humains. Elle est un éjaculateur de désirs coupables poussant le prieur jusqu’à la contrition du sadisme cathartique, une sorte de gigantesque scala-santa de lâcheté camouflée, calfeutrée derrière les hauts murs de la Vérité perdue. La Foi manipule le ciseau fédérateur de la scarification intellectuelle de masse, l’arme absolue déposée dans les mains de ses détracteurs afin d’anéantir son sens originel. De syndrome mystificateur individuel, elle se répand comme  une embolie cérébrale de dévolution globale. Loin d’être singulière, elle est plus que jamais plurielle, démultipliée, fractionnée, divisée, tout en recoupant les cercles concentriques d’incohérence dans le but inavoué d’amener l’humanité vacillante vers son irrémédiable chute.

 

Scindée principalement en deux foyers génériques distincts, elle ne remplit plus efficacement son rôle : d’une part extrême et aveugle, son avènement conduira à la destruction du Monde, anéantissement qui ne sera en réalité que la confirmation d’un processus déjà bien entamé. D’autre part, muette et faussement existante, elle ne fera que fuir la réalité dévastatrice causée par la première, en prétextant de vains discours sur les vertus d’un tolérantisme pervers. Les partisans de la seconde tendance, majoritaire qui plus est, refuseront la Guerre mais c’est exactement cette attitude qui la provoquera. La Foi elle même, provenant du latin fides, signifiant engagement, n’aura alors plus la capacité de dés-engager les Hommes du gouffre ouvert sur leur propre conclusion. Ils seront happés, submergés, avalés, par la lame de fond cultuelle de leur inaction.

 

Comment d’ailleurs parler de La Foi, ne devrait-on pas dire les fois ? Oublie-t-on sciemment la foi désespérée, versée dans un progrès outrecuidant, lui même censé amener l’utopie séculaire de la société idéale mais n’avançant en fait que par intérêt en atteignant sa propre limite ; n’étant capable que « d’améliorer » ou tout au plus de modifier ce qui existe déjà et non, comme devrait le sous-entendre la véritable évolution, de créer une dynamique concrète et viable de développement. L’humanité s’essouffle mais ne le sais pas encore, elle plonge avec ardeur vers la courbe descendante de sa parabole en ne s’attaquant pas aux véritables crises, se drape avec arrogance dans une surpuissance désuète, parle d’avenir en n’y croyant plus au fond d’elle-même, invoque la Foi qu’elle a personnellement travestie et abandonnée pour se sauver de son marasme mais oublie la mission pour laquelle elle avait été programmée. La véritable Foi doit servir, dans quelque domaine ou situation que ce soit, de turbo confiance, de drogue spirituelle aidant à accomplir une tâche qui nous paraît supérieure, or, dans sa dégénérescence actuelle, il ne s’agit pas d’une aide que l’on requiert d’elle mais la réalisation de la tâche elle-même.  

 

Indubitablement, la Foi la plus impérieuse nécessitée par les Hommes, est la Foi en l’Homme lui-même. Cependant, il est bien ardu d’y parvenir, lorsque l’on ouvre les yeux sur le climat méphitique du Monde : lorsque l’on respire ses miasmes et sa puanteur déversée par  les soupiraux des égouts de l’injustice, un Monde en décrépitude de valeurs, souillé par la pourriture froide de la vilénie, un Monde dans lequel le regard huileux d’un nécrophile satanique contient plus de foi en ce qu’il s’apprête à faire, que les vestiges sacro-saints des homélies « parachristiques ». Quelle théodicée peut-elle encore oser justifier cela ? Celle du paradigme eschatologique, celle de la Foi terminale,

lorsque le mal métaphysique---pour reprendre une composante issue de la distinction tripartite du Mal selon Leibniz---aura éteint les dernières plaintes humaines ? Absolument pas ! Mais alors quel type de Foi pourra donc sauver l’humanité ? Une humanité ressemblant de plus en plus à un fruit dont on aurait extrait tout le jus mais que l’on continue de presser, à un filon épuisé que l’on tente aveuglément d’exploiter ou encore, à une pyramide dont chaque niveau subirait un nivellement par le bas. Car c’est exactement ce qui est en passe de se produire : sombrant dans une spirale vertigineuse, entraînée par l’inertie de son propre poids, écrasée par l’échec de son édification, elle sautera à rebours dans le futur. L’unique Foi salvatrice est dès lors itérative, elle ne peut résulter que d’une métaheuristique dont le secret se trouverait enfoui au sein de la découverte de l’algorithme Humain, celui dont chaque individu serait un chiffre édifiant du calcul.              

02:46 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

19/11/2006

L'anticode

Un homme. Un gouffre limbique. Entre les deux, tout ce qui peut diviser, fragmenter la conscience, c'est-à-dire tout ce qui amène à l’entropie ou encore, l’avènement neurosensoriel du désordre.

Une secousse glissant insidieusement comme une coulée de métal athermique sur la pente de l’échine, des nuages dans les yeux, le souffle haché en un staccato singultueux. Il s’agit de l’anti-structure même de l’humanité, organisant ce qu’elle a pour but de détruire, le code perturbateur, celui qui est immédiatement issu de la matrice moniste des ténèbres : la peur.

La cause de cette sensation étrange, oppressante, consumante et conquérante s’apparente à un élément identifié ou quasi identifiable mais sa naissance opère ex nihil, elle surgit de la concrétisation métapsychique du néant, elle provient du vide, se trouve crachée

par delà le vortex de la raison dont elle est l’antithèse.

 

La peur, cette aliénation synthétique, se fond à merveille avec un des tous premiers penchants de l’Homme, à savoir la destruction et même, au-delà des apparences égoïstes, l’autodestruction.

C’est ainsi que dans son infinité identitaire, elle parvient à faire flèche de tout bois, à faire monter, comme un soufflé, la moindre crainte en une angoisse invivable. La peur est un code, ou plutôt un anticode, on pourrait même dire que c’est un antécode, un code d’avant le code.

Les diverses expériences et désirs dans la vie de l’humain sont structurants, en ce qu’ils organisent un langage individué, formant donc un code personnalisé. La peur ou tous les autres noms que les massacreurs linguistiques lui donne sans aucune nuance ni distinction, constitue le schéma inverti de ce langage structurant, elle peut par conséquent être considérée comme un anticode, détruisant le fragile équilibre établi par l’individu dans la sphère de son sociotope. Elle ne connaît pas non plus d’inhibition dans la pratique de la destruction a priori, dans la déstructuration anticipative, lorsqu’elle agit de façon préventive, elle est un antécode, un agent bloquant, empêchant précisément le langage individualisable de s’individualiser.

 

La peur, cherche, la peur creuse, la peur trouve, elle trouve ce qui est enfoui le plus profondément et le plus secrètement possible, elle le triture, le ramène à la surface, le jette à la conscience de sa victime qui pourtant, le croyait perdu dans les méandres inaltérables du subconscient. La peur est l’anticode même de la vie,  il s’agit donc du code de son contraire, non pas de la mort qui constitue le prolongement de l’éphémère séjour terrestre, mais de la non-vie. La peur traduit donc le code de la non-vie. Les questions qu’elle induit ne sont pas celles que les Hommes/automates/robots de la société mécaniquement formatée devraient se poser pour améliorer la futilité de leur existence, non, au contraire, elle en fabrique d’autres dont l’unique mission est d’annihiler le peu d’humanité qu’ils leur restaient encore. En ce sens, la peur est également une machination ou encore, un code machinisant, une structure de déstructuration, avec tout le paradoxe intrinsèque que cela comprend. Folie, méchanceté, cruauté, violence, incompréhension, irraison, faiblesse, lâcheté, sont autant de caractéristiques qu’elle n’éprouve aucun mal à développer ou mieux, à créer de toutes pièces. Son impact est grand et d’autant plus pernicieux qu’il est invisible, car trop rares sont ceux capables de mesurer la part significative qu’elle s’octroie.

 

La peur transforme, elle modifie l’humain en bête ou en machine, ce qui, dans leur inflexibilité d’instinct respectif, revient exactement au même ; elle lui donne le prétexte rêvé que sa nature corrompue attendait pour commettre quelque forfait misérable ou pour justifier une faiblesse sans nom. On dit qu’il est humain d’avoir peur, mais même en admettant cette formule pour le moins contestable, se laisser guider par elle consiste en une déshumanisation accrue qui, si elle n’est récupérée à temps, devient irréfragable. Vivre dans la peur, c’est ne plus vivre, c’est accepter d’être codifié par la non-vie, c'est-à-dire également d’une bien triste façon ne jamais mourir en n’existant tout simplement pas.

                       

  

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17/10/2006

La nuit... tous les choix sont gris

La nuit… tous les choix sont gris.

Aussi vrai que dans la profonde et dense obscurité, les cônes inactifs de notre rétine ne perçoivent plus les couleurs, notre dispositif de systématisation décisionnelle, ne s’encombre plus des contours éthiques de l’apparence, des détails syncrétiques de la raison.

Notre psyché, provenant du grec psukhê, signifiant âme, se présente alors sous la forme d’une entité vivante, aussi autonome qu’immatérielle, aussi invisible que traîtreusement réelle, aussi pure que la flamme oculaire créée par l’admiration secrètement sadique d’un champignon nucléaire. C’est dans cet état de vérité

infrarouge, dans cet abîme d’immobilisme sensitif où les doutes se fondent, dans cette bulle d’éveil d’après l’éveil, que le choix libre peut naître de sa propre injonction. Le choix n’est pas libre par ce qu’il est conscient et volontaire, il est une conglutination d’éléments indépendants, inacceptables à la lumière du jour, il est un territoire pirate et rebelle au sein même de l’être, il est une éructation violente et inconsciente de l’individu uniformisé, il est une bombe à charge chaotique ciblée, constituant pourtant la seule chance d’attenter à l’Ordre d’autrui. Pourquoi dès lors est-il gris ?

 

Pas par ce que sa vraie nature est telle mais précisément par ce que l’illusion de la similitude, lui permet de déployer toute la cruelle puissance de sa différence. Il est un bloc d’instinct brut prouvant que la vérité constitue le plus artificiel des mensonges, alors que le faux se cache derrière la plus artificielle des réalités.

La nuit, au pic de la noirceur assiégeante, lorsque la plupart des interférences psychiques se sont tues, qu’il ne reste plus que le grondement métronomique et pulsateur du silence, s’élève dans toute sa fulgurance, une sorte de révélation, une compréhension sans passé,

une impression de présent infini au sein duquel l’immensité statique des questionnements se trouve avalée, puis, digérée par les gueules baveuses et avides du choix libre. Que ce soit en tentant d’acclimater ses ogives visuelles à l’adéquation de la pénombre d’une chambre

ou derrière le rideau de chair des paupières closes en plein boom onirico-tragique ; en clignant de tous ses feux devant la fureur d’un écran en connexion neuroptique ou sous l’effet intermittent de néons défectueux à empreinte fluorescente, il existe une vérité intrinsèque à la nuit.

Pour ce qui est de celle-ci, j’ai décidé de réécrire mais la nuit… tous les choix sont gris.      

     

        

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11/09/2006

Séisme endogène

Mesure psychologico-cardiaque officielle

de 7,5 sur l’échelle de « stresschter » :

 

les fonctions de son appareil perceptif semblent troublées, mais aucune discordance ondulatoire

ne peut être relevée au niveau de l’exomonde qui semble effroyablement statique. En effet, la magnitude du séisme est interne, elle relève de l’endomonde, c’est le monde du dedans, le monde organique, l’être-monde. Se produit alors une épouvantable aspiration, un maelström de panique soudaine, suivi très conséquemment d’un néant infinitésimal. A cet instant précis, inconcevable à l’observateur commun, l’endomonde se trouve complètement déconnecté de l’exomonde et durant cet éclair temps, le sujet est mentalement mort. Profitant directement du vide ainsi créé dans la coquille absente, surgit un tsunami de dopamine, une vague géante en écume d’électrochoc, qui serait capable, au niveau externe, de ranimer la planète toute entière.

 

Le stress se disait-il : rime avec faiblesse mais aussi avec :

conséquence inéluctable d’accélérateur atomique de vieillesse. Il est un supra-ordonnateur de génocide neurologique, une torture lente et diabolique, dévorant les entrailles avec plus de superbe qu’une colonie d’ascarides à genèse fraîche. Il fouille comme une sonde à tête nucléaire, contenant potentiellement, au niveau nanométrique, la puissance destructrice d’un millier d’Hiroshima. Sa matérialité consiste en un implant d’autodestructibilité à retardement progressif, c’est une machine invisible dont le programme contient pourtant une kyrielle de signes extérieurs…

 

L’interface de ce logiciel physiologique s’estompe enfin, il récupère une bribe de normalité dans sa respiration et son périmètre optique s’éclaircit à nouveau ; il fixait quelque chose avant d’être frappé par cet état et n’arrive que graduellement à deviner de quoi il s’agissait.

Un mur, un plafond plus précisément, oui, c’est celui de sa chambre, il est étendu de manière presque incrédule sur son propre lit. Il se trouve  alors de nouveau confronté à l’arrogante teinte blanchâtre de cette voûte, un écran plasmique qui fait défiler la panacée de ses illusions en un purgatif de flagellation picturale. Ses questions et ses doutes semblent s’imprimer en messages subliminaux sur ce diorama flabellé, comme un lavage de cerveau dont il serait à la fois l’instigateur et la victime. Cette projection virtuelle créée par son esprit s’analyse presque en une confession médullaire, touchant jusqu’à la moelle du problème, en un ex-voto de souhait irrémissible, ne lui octroyant aucun répit. Il pourrait fermer les yeux mais ses pensées agissent comme une injection d’atropine, le forçant à fixer inlassablement les conséquences de sa propre composition. Ni la lumière, ni l’obscurité ne sont aptes à dissiper cette trame qui l’enserre, il voit la bouteille non loin de là, voudrait la saisir pour sombrer dans un univers diffus qu’il aurait eut le mérite de choisir, mais comme s’il fut ataxique, son corps ne lui répond pas.

 

Les limbes de plus en plus denses, en couches asynchrones et lourdes, c’est là qu’il voudrait s’oublier, oublier d’oublier, pour ne se souvenir que de la seule chose véritablement certaine dans chacune des zones

de son être, à tout instant : ce nom unique aux reflets irisés, seul lien perpétuel entre l’endomonde et l’exomonde. Il le voit s’inscrire sans cesse sur les contours découpés de la plateforme blanche, distribuant

à chaque pensée projetée, une couleur chargée de la rendre encore plus vivante, plus supportable et plus belle. Si ses questions et douleurs sont le sujet de son état, ce nom prophétique est son endorphine, son apaisement opiacé aux délires d’ultime liberté. Il commence méthodiquement l’incantation en répétant de manière fanatique le fameux substantif. Petit à petit, s’y joint alors l’image de celle à qui il appartient. Son intensification est palpable et en vient à emplir la pièce entière comme une invocation à structure thermogène. Il la sent sur son corps, sur sa peau, qui le brûle, elle s’impatronise dans son sang en frénétique ébullition, elle est une substance présidant à l’acidification de ses craintes. Sa voix, qu’il tente de recréer, est une tornade d’émeri, ponçant en quelques sons la psychasthénie de son marasme cathodique imaginaire. Ainsi, les sentiments d’oppression

chimérique, se fondent peu à peu dans l’océan de cette présence salvatrice. Il faut fermer les yeux, ne plus penser, pour pouvoir plus vite la retrouver…

dans la réalité cette fois.

     

  

 

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04/09/2006

Entre Elle et Lui

Elle :

 

faisceau fulgurant d’une polarité électrique, 165 centimètres d’impression rétinienne, information liminaire du portail synaptique, exquises courbes en connexion organique du canal cérébro-spinal, cordon invisible reliant l’instant IN à l’instant OUT, le point X, non encore existant et le point T, celui de l’assimilation sensorielle.

 

L’univers est infini mais Elle, en est le métacentre, un propylée luminescent, cause de sa contraction pupillaire. A partir de cet instant, son « Lui », entre dans le moment magnétique, il devient un esclave quantique, il subit le spin interrelationnel, le moment où tout bascule, il passe hors du champ de la conscience, il ne peut plus décider, il est asservi, il subit la conséquence inexorable du signal neurologique dont le globe oculaire fut le réceptacle.

 

Elle se trouve de l’autre côté d’une vitre inexistante, une virtualité réelle qui ne le protège que de manière extrêmement hypothétique, Elle est sa pensée, son souffle, son sang qui monte comme un magma en un inlassable lancement temporal… il tente de respirer mais ce n’est là que maladroite velléité. Elle remplit tout l’espace disponible, s’arroge toute consistance, Elle est une Méga cellule phagocytant chaque élément de son air, Elle est l’antithèse peroxydée de sa raréfaction pulmonaire.

 

Il sombre doucement mais sûrement dans une cinquième dimension : un couloir extatique où l’espace rejoint le temps, un instantané parfait… à espace infini, vitesse inexistante se dit-il et c’est exactement ce qui est en train de se produire, car le temps s’arrête, il ne voit et n’entend plus qu’Elle, il est le spectateur d’une joie pavlovienne, il est un soldat drillé, suivant le peloton de la circonstance, obéissant

à l’ordre du bonheur contre lequel il ne pourrait et ne voudrait, pour rien au monde, s’insurger.

 

Elle est à la fois organique, électrique, mais aussi physique, chimique et alchimique. Elle contient pour lui tous les secrets de l’univers qu’il lit dans ses yeux, Elle est un infra cosmos, une éternité lumière, une Voie lactée face à son incapacité à lui résister, elle est son rayonnement thermique à 3degrés Kelvin et son aurore nucléaire.

 

Le code cérébral originel se liquéfie peu à peu, il se transforme en un fluide rachidien qui pénètre sa moelle, il le sent, il devient vivant, il est source de sensation pure, il est l’interrupteur

schismatique du cortex qui ne répond plus. Lui, ne vit uniquement qu’à travers le prisme de cette auto-induction. Le zéro absolu est certes la température à laquelle plus rien ne survit, cependant, Lui, dans cet état, en vient à toucher, l’abandon absolu : le stade auquel plus aucun doute ne prétende résister.

 

Il coule dans les eaux polychromes de la « mesmérisation » comme un navire à cargaison narcotique. Elle est son irrésistible drogue, son injection quotidienne, son espoir en seringue de sourire, sa ligne de plaisir qu’il aspire en prononçant chaque matin son nom.

 

Il doit revenir à la surface, il a besoin de réalité, besoin de palpable, il lance tous les rouages de sa mécanique corporelle, il chauffe à nouveau le grand four de la machine au charbon de la dilection et tel un géant rouillé depuis des siècles, ses tentacules brachiales finissent par se déployer en un mouvement assuré. Du bout de ces membres, il articule son extrémité fonctionnelle en une cinétique métacarpienne, cinq arêtes cartilagineuses, qui s’écartent pour fusionner dans le mouvement qu’Elle, répète

scrupuleusement de son côté… dix doigts, deux mains unies et un brasier aussi énorme que celui qui serait produit par l’explosion d’un milliard de bombes au phosphore. Ca y est, il est de retour, il a reprit les rennes de son pouls galopant à l’allure d’un cheval apeuré. Il vit de nouveau dans le monde réel, celui que tous partagent mais dans lequel seulement Elle est son Tout, la main qui guide son cœur et le cœur qui guide sa main… cette main qui écrit ici en défiant l’arrogance de la nuit…

 

Mais ces mots sont très inférieurs à la vérité, car entre Elle et Lui, existe un lien qu’aucune science ne puisse exprimer.                     

 

 

01:50 Écrit par L'ap dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

01/09/2006

Inquisition

La perfection est le terminus des imbéciles.

 

En fait, c'est une ligne de bus qui se caractérise bien par un début mais qui n'a pas de fin. Tu peux siroter le cocktail de l'attente toute ton existence à l'arrêt, tu pourras jamais monter tant que tu ne cernes pas qu'il s'agit d'une route à calibrage infini, d'un vacuum à géométrie variable, d'un cylindre ontologique à irréversibilité unique.

Jadis, des trajets de bus, y en avaient pleins, dans une myriade corollaire de domaines, seulement, maintenant, les individus, coagulés en macromolécules grégaires, 

s'autoproclament chauffeurs holistiques d'un horizon perclus avant même d'avoir été étreint.

 

Je vais précisément "carcaniser" le débat sur un secteur particulier plus probant et plus touchant.

 

Aujourd'hui, la plupart de ceux qui se prétendent écrivains sont des banquiers poursuivant la capitalisation de la médiocrité, des boursiers organistes, fanatiques servants d'un libro-équilibre du "y a qu'à tourner". Je parle de tous les frocards de la culture qui troquent la bure de l'artiste contre le costard des anatocismes. Ces descendants de vendeurs de rêve, reconvertis en spéculateurs de talent, ces succédanés atrophiés de génies oubliés, ces plumitifs de salon, éboueurs de littérature en cycle inversé, qui au lieu de ramasser les ordures, se bornent à les créer, sur une page que la décence exhorterait à laisser blanche. 

Les lire est une agression de spiritualité olfactive, aux relents empyreumatiques d'un intellectualisme barbarisé, au sein duquel, la chair de l'ignorance, crépite aux flammes du profit. Ce sont des substrats formatés à l'hymne des "courbe-échine", des machines huilées à la mécanique des fluides pécuniaires.

Ils sont aussi utiles à la véritable Culture qu'un klaxon sur un avion mais servent de colonnes au temple opulent de la pagination économique. Malines créatures qui s'esclaffent en comptant le poids de leurs vaines péroraisons, se réfléchissant pourtant sur les rétines piratées de tant d'innocents. C'est là que frappe le mythe de l'autorité qu'ils s'arrogent, dans les couloirs pernicieux d'un laxisme qualitatif. A porte ouverte, s'engouffrent tous les martyres de l'incompétence, renversant la présomption de rejet, en un succès hypocrite.

 

Les pseudos victimes seront les intraitables bourreaux d'une spirale dégénérescente, les pisse-encre d'une fontaine noire absorbant chaque main appliquée sous une boue agnostique. Les derniers chevaliers de la Culture, s'ouvriront alors les veines pour que du sang de leur passion, naisse des mots soldats, des consonnes et des voyelles en armures, forgées au marteau de la connaissance. Ils enflammeront des virgules catapultées sur les murailles arrogantes des gouailleurs de ponctuation, ils feront des paragraphes structurés, les douves de leur survie et ils accrocheront à la bannière de l'alinéa, les espoirs de tout cet aléa.

 

Je repense aux vrais auteurs et je sombre dans la réminiscence ouatée d'un souvenir amputé, crachant peut être son dernier souffle au chevet de la déréliction. Je suis un anachorète du Verbe, un mujhaidin de la linguistique, un sniper de moutons littéraires, un inquisiteur condamnant au bûcher de l'oubli, les psalmodies de l'apathie créatrice. J'attendrai fermement que le tison brûlant d'un autre inquisiteur vienne me rougir la main du sceau de la honte, si j'en venais à moi-même oublier ce que je tente de défendre par la présente.

 

Un pape de la simplicité se serait probablement limité à dire: soyez sélectifs dans ce que vous lisez et achetez, car les mots influent grandement sur nous et qu'au lieu de nous sauver, ils sont en train d'engloutir cinq millénaires d'Héritage scripturaire en un épitomé désastreux.  

 

 

04:28 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

23/08/2006

Mechapocalypse (partie 3/3)

Dans les villes, apparut néanmoins un mouvement rebelle, au départ peu structuré, qui s’opposa à l’ennemi en s’attaquant à leurs multiples centres d’intérêt. Ce mouvement, se forma à partir de gens démunis, illégaux, contrebandiers, marginaux, séparatistes, anti-technocrates, membres de gangs

et tout ceux qui pour une raison ou une autre se retrouvaient hors système.Empêchés de se déployer efficacement dans les grandes villes trop surveillées, organisées et équipées, ils décidèrent de se rendre dans les zones mortes interurbaines, là où l’hygiène de vie était inexistante, où le temps semblait s’être arrêté, où le paysage n’était formé que de montagnes d’ordures, où le ciel était noir, où le mode de vie était un bond rétroactif et où les malheureux résidents dirigeaient par la seule loi de la violence. L’unique activité « économique » de ces régions consistait en la vente d’armes illégales, sévèrement réprimée en théorie mais inefficacement poursuivie en raison de la spécificité du terrain, connu uniquement de ses habitants.

 

Dès leur arrivée, ils furent « accueillis » par les leaders locaux qui s’empressèrent de leur demander la raison de leur venue en ouvrant le feu de façon intimidante. Les rebelles expliquèrent que les machines avaient pris un contrôle total des villes et qu’ils leur demandaient l’asile sur leur territoire afin de pouvoir valablement organiser leur résistance. Les locaux rétorquèrent par un truchement qu’ils furent toujours abandonnés, que les villes ne s’étaient jamais souciées d’eux mais qu’au contraire, elles n’avaient cessé de leur envoyer leurs déchets et les restes de leur technologie défaillante et qu’ainsi, eux, à présent n’avaient aucune raison de leur venir en aide. Les rebelles tentèrent de préciser que l’ancienne classe dominante des villes n’était pas plus formée de leurs amis mais que s’ils ne réagissaient pas rapidement, les machines allaient se développer jusqu’à ce qu’elles puissent se passer des humains et qu’à partir de ce moment là, leur mode de vie serait aussi menacé. Le chef des rebelles était un homme extrêmement intelligent, ancien chercheur, il avait refusé de poursuivre de manière absurde la « technologisation » et avait stoppé ses travaux. Ses proches ne voulant pas écouter ses avertissements, eurent recours aux nanomachines et furent éliminés sous ses yeux à cause de cette erreur. Le chef des locaux, était, lui, l’exemple type du meneur élu par la force, il avait un bras entièrement mécanisé, probablement récupéré sur la montagne de déchets et réparé soigneusement ensuite.

 

Les deux hommes discutèrent longuement et même s’ils ne furent pas du tout issus d’horizons identiques, parvinrent finalement à un accord qui scella la création des combattants du peuple humain ou CPH. Les habitants des zones abandonnées allaient fournir des armes et des hommes ainsi que l’asile sur leur territoire, les rebelles allaient, quant à eux, diriger les opérations, rémunérer en fonction de leurs possibilités les locaux et installer en cas de victoire, but définitif de la manœuvre, un régime révolutionnaire dans lequel les zones mortes seraient pleinement intégrées. Les CPH élirent donc domicile sur ces territoires et établirent leur plan de bataille. Il est bien évident que tous les urbains qui s’étaient rangés du côté des rebelles, vivaient en général dans des conditions très précaires mais ce qu’ils virent dans ce nouvel environnement touchait encore d’autres sphères. Les habitations de fortune étaient construites

au moyen des déchets mécaniques et autres que la ville leur envoyait. Elles étaient souvent élevées au milieu des énormes montagnes de miasmes pestilentiels réduisant la durée de vie considérablement, avec pour seul palliatif, le recyclage des objets encore relativement utilisables à des fins de fusion

organico-mécanique. L’air y était vicié et il n’était pas rare de voir déambuler les locaux avec des masques, créés spécifiquement, pour limiter l’effet dévastateur que le seul fait de respirer pouvait impliquer en ces lieux.

 

Une fois tous les préparatifs terminés, les plans revisités, l’arsenal vérifié et les soldats motivés, les CPH lancèrent la grande offensive sur Mechapolis. Les objectifs consistaient à prendre le contrôle de la ville, car c’était elle le cordon ombilical qui nourrissait toutes les autres, à neutraliser le Conseil Urbain et à détruire le « suprême intellect », reine de toutes les machines. Ce n’est qu’une fois à l’intérieur que les combats s’embrasèrent de manière farouche. Les anciens soldats d’élite de l’armée de Mechapolis ainsi que d’autres humains, furent réquisitionnés pour combattre et formèrent ainsi la classe, forcée, des DAM, défenseurs actifs de la machine. Ces derniers luttèrent donc au côté des robots pour repousser les rebelles du CPH et sécuriser définitivement la capitale du Technomonde. Les forces du DAM étaient mieux équipées, probablement plus nombreuses, même si beaucoup de robots n’étaient pas orientés pour la guerre et bénéficiaient de la position dominante sur le terrain. Les effectifs du CPH par contre pouvaient se prévaloir de la surprise

de même que d’une sorte de force mystique issue de la volonté de survivre. Jamais l’on n’avait été témoin de tels combats urbains, les Hommes se sacrifièrent au feu de l’action, se jetèrent inconditionnellement dans ce qui serait probablement l’ultime affrontement… mais David ne vainc pas toujours Goliath. Les humains furent détruits, les zones abandonnées furent « purifiées », les survivants furent réduits en esclavage et la légende prétend même que certains d’entre eux, quittèrent la planète pour reformer des colonies dans les étoiles… mais ça, les archives ne permettent pas de l’attester.

 

    Compte rendu du cyborg archiviste Klinrax, 

     genraTH 36. 

 

La folie, la fierté, l’orgueil, la curiosité, l’amour oublié et l’avidité auront été les ingrédients de leur « Mechapocalypse »… le futur n’est jamais décidé, on peut encore le changer, il est composé de plusieurs versions possibles… accepterez vous celle là ?      

23:28 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/08/2006

Mechapocalypse (partie 2/3)

Les machines, de plus en plus performantes, évoluées, intelligentes, nombreuses et unies, n’étaient que l’expression aveugle de ce que l’Homme pense toujours

pouvoir imposer un contrôle sans concessions.

Contournant le problème du clonage humain, ils créèrent,

dans une logique éminemment anthropomorphiste, des cyborgs aux fonctions diverses qui, extérieurement, ne pouvaient aucunement êtres distingués de leurs créateurs tant la ressemblance était effrayante. Ces derniers furent équipés de contrôleurs synaptiques émotionnels, chargés d’inhiber la plupart des sentiments considérés comme dangereux à la sauvegarde de l’Homme mais il s’agissait là d’un pas bien mince à franchir. L’entièreté de la question résidait dans le fait de savoir si un être créé artificiellement pouvait acquérir par le biais de l’autonomie et de l’expérience, une conscience propre.  

Au départ, le Conseil Urbain, était uniquement composé d’humains, les tâches de police se voyaient confiées aux milices robotiques alors que l’armée demeurait majoritairement fournie en effectifs « organiques ». Toutefois, tirant parti d’un cumul inextricablement complexe d’expériences et de données, les machines commencèrent à posséder l’ébauche d’une conscience, non pas au sens moral du mot mais en tant qu’éveil de leur propre état. La réalité était claire : les machines et robots peuplaient tous les secteurs nécessaires au fragile équilibre du système mis en place. La situation était plus que surréaliste mais les machines en vinrent à exiger le respect de droits propres en utilisant les mécanismes de protection des libertés érigés par les humains. Leur raisonnement partit du principe qu’étant des échelons indispensables à la vie sociale, et évoluant dans le même cadre, ils devaient bénéficier des mêmes prérogatives que les Hommes.

 Cet « éveil », ne manqua pas de pétrifier les plus hautes sphères de la race jusque là dominante. Des débats sans fin se tinrent au Conseil Urbain, puisque, Mechapolis était la capitale du Technomonde, fédérant toutes les autres villes, alors que les zones intermédiaires, abandonnées et privées de tout,

échappaient au découpage. Les réflexions se portèrent dans bien des directions pour trouver une solution au danger naissant, la lutte armée faillit même être prônée mais les structures dirigeantes conclurent que cela se solderait par un échec et que la négociation restait dès lors le meilleur moyen. De nombreuses émeutes éclatèrent dans les villes, dirigées contre les machines et visant leur destruction, elles étaient le fait de petits groupuscules indépendants et séparatistes qui connurent systématiquement une fin violente. Pendant ce temps, les robots parmi les plus évolués, apparurent en chefs pour les leurs et allèrent jusqu’à se présenter aux élections du Conseil Urbain. Le droit d’élection et le droit de vote furent donc, sous pression, ouverts aux machines à compter de ce jour.

 Il est aisé dès lors de s’imaginer la paranoïa émergente des humains à l’égard de leurs homologues mécaniques et des drames corrélatifs qui s’ensuivirent.

Les humains pouvaient être fier d’avoir donner vie à des entités aussi poussées intellectuellement mais il s’agissait là d’une fierté qui pouvait bien s’avérer terminale. En effet, très vite, les machines s’installèrent aux niveaux administratif, décisionnel, politique, scientifique, économique et petit à petit, militaire, même si ce dernier restait véritablement tabou.

Mechapolis, ainsi que toutes les autres villes fédérées, furent donc enfermées dans un modèle de cogérance où les machines ne manquaient pas d’affirmer leur poids de manière exponentielle. La classe riche et dominante, celle qui était aux commandes de la technologie et de la souveraineté, se transformait imperceptiblement en classe dominée. Les humains qui en avaient les moyens, s’étaient précipités aveuglément sur l’option des nanomachines, ils espéraient que cela guérissent leurs maladies, leurs confère des capacités boostées et prolonge leur misérable existence. Les robots ne manquèrent pas

par contre d’y voir une toute autre application : sans recourir à ce nom là, ils en vinrent à créer leur propre dieu, une machine d’une puissance défiant l’imagination qu’ils baptisèrent « le suprême intellect ». Grâce à cette technologie, qui officiellement, était supposée œuvrer au bien de tous, ils découvrirent le moyen de contrôler les nanomachines intégrées dans le corps des

humains et par conséquent, à les utiliser comme menace d’extinction. Tous les Hommes n’en étaient pas équipés mais ils étaient une marge assez significative pour prendre le contrôle sur eux. Les autres, furent forcés de s’en pourvoir, afin que les machines puissent imposer leur hégémonie par cette voie.

Ceux qui refusèrent furent tués ou virent leurs proches, truffé de ces puces nanoscopiques, éliminés de cette manière...

22:52 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/08/2006

Mechapocalypse (partie 1/3)

2122:

 

La planète des humains comprend de multiples endroits où toute vie est devenue impossible, celle-ci, se concentre principalement dans des villes toutes aussi glauques qu'incommensurablement gigantesques. Les races, les frontières, les pays, se sont estompés, ne subsistent plus alors, que deux classes: les DAM, défenseurs actifs de la machine et les CPH, combattants du peuple humain. L'orgueil est devenu le ferment consommé d'une supra-science, d'une réalité métatechnique, réglant les moindres aspects de la vie. Cette société est une dérive de la Cité idéale, une somme incontrôlée de toutes les utopies individuelles, fondues en un rêve machinal, happant toute raison. Les humains ont développé les robots et les systèmes auto-opérant de manière inconsidérée, la privatisation presque totale du domaine, aura laissé libre cours à la guerre technologique entre les multinationales, devenues plus puissantes que les Etats en processus de dissolution. Dans cette optique, les gens de la classe moyenne possédèrent tous, dans un premier temps, leur automate d'intérieur, leur véhicule à destination guidée pré-programmée, les connexions informatiques à portails cérébraux ainsi que des cyborgs de société ou de compagnie. Ensuite, toutefois, fut créée la milice robotique dans la capitale du Technomonde, la bien nommée "Mechapolis".

 

A partir de là, les tâches remplies par les machines ne cessèrent de croître, autant dans les différents secteurs professionnels, qu'officiels, que privé ou encore même récréatifs. Les humains à la poursuite d'un bien-être absolu, qui parut fonctionner très sommairement, devinrent insidieusement esclaves de leur création.

 

En raison de la concentration urbaine anarchique, les zones faisant la jonction entre les mégapoles servaient de monumentales déchetteries, de territoires de non-droit où régnaient tous les rebus de cette société technologiquement hiérarchisée, vivant au milieu de véritables cimetières d'ordures mécaniques. L'immensité des surfaces urbaines impliquait forcément une criminalité élevée, tentant de profiter à tous les niveaux de la faiblesse du système, cependant les milices robotiques furent très vite connues pour leur inflexibilité règlementaire. Lourdement équipées au dernier cri de la maîtrise cybernétique, ces forces de l'ordre renversaient la tendance séculaire, qui voulait que les criminels fussent toujours mieux équipés que la police et ce, malgré un développement inopiné de la vente d'armes au marché noir. La lutte contre la libre circulation des armes fut d'ailleurs, une des plus importantes menées par le Conseil Urbain, cependant la corruption et la possibilité de s'en procurer en dehors des circonscriptions contrôlées, rongèrent fortement l'efficacité de la manoeuvre.

Les espoirs des Hommes semblaient s'empiler dans les étages des "perce-brumes", tours dont le sommet n'était pas visible à l'oeil nu, symbole de leur trépidation démente et fleuron de leur arrogance. Ceux-ci, jouant aux savants fous, poursuivirent le progrès afin de vaincre les imperfections de leur race, ils mirent au point des programmes intelligents et autonomes qui dépassèrent de loin leurs espérances. Ils sondèrent en profondeur les domaines de la génétique et des nanotechnologies. Le clonage humain était toujours interdit mais cet obstacle ne semblait plus persister qu’en raison de la survivance d’un passé éthique aux contours difficilement compréhensibles. Les nanotechnologies, machines agissant au niveau moléculaire, connurent par contre une pléiade d’applications. En médecine par exemple, elles permirent d’abord de soutenir l’action des anti-corps et d’annihiler un grand nombre de maladies jusque là massivement fatales. Dans le domaine militaire, elles furent utilisées pour décupler les facultés de soldats d’élite, leur procurant des réflexes et une force au-delà des normes. Elles furent même employées dans l’atmosphère pour tenter de rétablir un équilibre sain en assimilant les particules néfastes, contrôlant ainsi les degrés de pollution et de dégradation...

 

13:13 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14/08/2006

L'urinoir

Notre société aujourd'hui, est identique à un incommensurable urinoir où viennent pisser tous les magnats de l'hypocrisie. Ils s'y rendent avec un t-shirt sur lequel on peut lire: "pour un monde en paix" mais l'étiquette, bien dissimulée, camoufle un "we sell bombs"; en outre, chacun srcute son voisin en faisant intérieurement résonner un "faux-cul", tout en lui souriant.

Les règles de la bienséance ou encore celles de la hiérarchie en tous genres, ont perpétuellement forcé une contenance minimale et nécessaire à la poursuite des relations. Cependant ce qui se passe à notre époque est sans précédents. 

 

Nombreux sont ceux qui font des grands discours sur la tolérance mais c'est comme pour les frites de mc Cain: "ce sont ceux qui en parlent le plus qui en mangent le moins". On en vient donc à constater un paradoxe qui va au delà de la différence entre la théorie et la pratique mais qui pénètre jusqu'à la moelle d'un "métaesclavagisme" dans lequel les vendeurs d'espoirs ne sont pas ceux qui les créent. Dans cette optique, on ne peut rien attendre de la macrosphère mais l'on se rend compte que l'hypocrisie se répand partout dans la microsphère également et que l'individu en vient à changer l'expression de sa pensée intime pour correspondre à l'effet général. La raison en est que l'Apparence s'est installée en maîtresse incontestée d'un totalitarisme du paraître. La réalité importe donc peu si elle est contraire à ce but impérieux. Ainsi, le nouveau système est une coagulation de mensonge qui étouffe la plaie de la vérité et qui dès lors semble satisfaire la majorité de ne plus la voir saigner. Ce tissu en croûte de conneries, ne s'inquiète donc pas non plus de la prolifération anarchique des paradoxes, qui semblent, plus que toute autre chose, définir l'âme du nouveau corpus sociétal.

 

Société qui poursuit l'intellectualisation de manière tellement absurde, qu'elle la populise, en fait du "prêt-à-penser", la vide de son essence, en donnant simplement plus d'illusions à un plus grand nombre et sous couvert de la démocratie, l'utilise précisément à son contraire, à savoir, un outil démagogique. Car en donnant à la masse le mirage du Tout, on peut plus subtilement se permettre de ne rien lui donner. Dans ce processus, on cherche à developper l'esprit critique, qui théoriquement, devrait être propre à chacun mais en réalité, les structures qui remplissent cet objectif, créent un moule afin de reproduire un esprit néo-libéralo-révolutionnaire à la chaîne, qui, de surcroît, n'a de révolutionnaire que le désir de protestation, sans pour autant en avoir le coeur. Celui-ci, ne leur sert donc pas à grand chose pour faire face à ce que je pourrais nommer les IGM, informations génériquement modifiées, qui sont bien souvent avalées comme des pilules dont on ne regarde pas la notice. On ne peut qu'être alors frappé par une autre contradiction, qui revient à reconnaître la proportion croissante d'éléments supérieurement éduqués, en même temps que leur inaptitude corrélative à triompher du broyeur d'individualisme, du grand manipulateur décisionnel, du privatif de liberté mentale.

 

Au départ, celui qui travestit sa véritable pensée pour se conformer, est normalement conscient de ce choix mais l'effet de l'hypocrisie absolue est tel, qu'à terme, il en vient à défendre l'idée travestie, comme si elle fut sienne depuis l'origine. Le futur allant probablement évoluer vers une mégapolisation exponentielle, l'effet de masse augmentera en conséquence, l'individu, au départ parfaitement différencié dans les villages, ne sera plus alors qu'un numéro fondu dans l'immense équation d'un système dont il ne peut saisir les normes et ce, malgré le savoir qu'il s'auto-adjugera. Les relations sociologiques devenant de plus en plus complexes, l'hypocrisie connaîtra un souffle sans commune mesure et l'engrenage spiralien ne pourra, à partir de là qu'emmener la race humaine vers le fond. Trop stressés par les problèmes de l'Apparence et de la cohérence de plus en plus bancale de leurs mensonges quotidiens, ils ne se poseront plus les questions tout aussi existencielles qu'essentielles à leur nature. 

 

A partir de là, ils ne seront dès lors guère plus différents des machines qu'ils auront probablement créé à outrance pour les remplacer, à ceci près que ces dernières, ne manquant pas de réaliser ce souhait, auront acquis un sens de l'autonomie et de l'unité devenu quasiment absents chez leurs créateurs, permettant à l'objet devenu vivant de renverser l'humain devenu objet. Quand il remarquera ce qui se passe, l'Homme sera devenu tellement dépendant de la machine qu'il ne pourra les anéantir, alors il devra soit se plier à cette domination, leur confiant de plus en plus de tâches, soit fusionner avec elles, afin de créer une nouvelle espèce amener à perdurer... telle est finalement la loi de l'évolution.

Peut être qu'alors en cet être mi-organique, mi-mécanique, fort de ce mélange, il pourra, en bénéficiant de la perfection machinale combinée à son imperfection intrinsèque le poussant sans cesse au raisonnement, revenir à d'autres considérations plus importantes, plus logiques et plus solides, qui lui permettront d'abandonner le vice de l'urinoir.   

02:12 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

10/08/2006

Le cri des sagards

Lentement, le jour se leva et les rayons couleur épi pénétrèrent le manteau dense qui protégeait le toit de la demeure sylvestre. Dans ce lieu paisible, chaque graine, chaque fruit, chaque feuille, chaque plante, chaque être, régissait à un subtil équilibre qui créait, sous ce rideau de magie, pérennité et harmonie. Le vent, invité intemporel et habitué des lieux, passait tous les matins pour conter les histoires du monde extérieur, aux résidents et gardiens perpétuels de ce havre de jade.

Ainsi, après ce passage quotidien, les arbres, protecteurs de la mémoire, reportaient le message reçu, aux esprits de la forêt, afin que ceux-ci puissent continuer de la gouverner en paix. Une fois cette tâche accomplie, mes semblables recevaient l'autorisation de chanter, fierté longtemps portée par mes ancêtres, car ce don servait de symbole à l'unité de tout notre habitat. Les notes enjouées de nos mélodies, traduisaient la sérénité qu'hébergeait ce lieu et semblaient réguler le commencement de chaque journée. Notre Mère avait confié à chacun un rôle précis et déterminé, qui fut rigoureusement tenu pendant des siècles.

 

Seulement, un jour, débarqua une race étrangère en salmigondis sauvages. Ils entrèrent sans autorisation dans notre humble royaume et commencèrent à taillader l'écorce de nos frères aux cheveux verts. Ils insistèrent et finirent ensuite par abattre ces mêmes frères. Leur folie était telle, que dans leur soif irrépressible, il furent sourds aux cris des esprits qui dominaient jadis les lieux. Ils ne se méfièrent pas et poursuivirent l'oeuvre de leur démence, creusèrent, coupèrent, brûlèrent et insultèrent, dans cette entreprise aveugle à l'issue fatale. Le manteau de la demeure sylvestre, fut, dès lors, de moins en moins dense, l'équilibre fut brisé, la paix menacée et le vent lui même, hésitait à visiter...quant au chant de mes semblables, il fut couvert par les instruments malsains de l'Etranger.

Drapés dans leur ignorance, feignant de ne pas voir les signes révélateurs de nos frères à l'article de leurs dernierès lueurs, ils outrepassèrent les ultimes limites que les esprits des lieux fussent prêts à supporter...

Un bruit gronde au delà du mur boisé: les étrangers sortent alors de leurs funestes constructions, la terre tremble, l'horizon semble se modifier, à la lisière les animaux s'échappent, des cris proviennent du coeur de ce lieu profané, ce n'est point illusion, la forêt se met en marche. Les profanateurs demeurent interdits, stupéfaits, incrédules, confrontés aux conséquences de leur propre indélicatesse... je m'accroche fortement aux branches de mon vieil ami, celui sur lequel j'étais habitué à chanter, ses membres ont été taillés par les pics en armes affutées, nous parvenons devant le camp de l'ennemi et du haut de mon observatoire, j'en vois un qui se fige à nos racines. Mettant ses mains autour de sa bouche pour que le son porte mieux, il cria:

-épargnez moi, je ne suis qu'un sagard innocent.

Mon ami se pencha légèrement vers lui, jusqu'à le frôler des ses feuilles touffues et lui dit ceci d'une voix grave: 

-est il innocent de souiller la dépouille de nos frères que les vôtres ont abattu?

ne sachant quoi répondre, le pauvre étranger tenta d'articuler des sons qui ne sortirent jamais.

-alors? j'attends

-je...je...non...mais..ce n'est...pitiéééééééééé!

La branche s'abattit en un mouvement violent qui percuta l'étranger de plein fouet et le taillada fortement, il tomba vers un de ses instruments, tête vers nous et balbutia ces sons:

-pou...pour...pourquoi?

-vous avez été victimes de vos erreurs répétées, vous n'avez pas su écouté les cris de détresse de notre peuple et avez été vaincus par vos propres enseignements et techniques; car moi et mes frères, les arbres, sommes les gardiens de vos souvenirs, que le vent, de tout temps, nous a conté.

 

Le bruit s'arrêta, les étrangers disparurent, le calme revint et mes semblables se remirent à chanter...

mais il s'agissait alors d'un triste chant d'adieu pour tous ces inconscients rattrapés par leur propre folie.

 

Quant à moi, je ne suis qu'une fauvette, qui vous narre cette histoire à la sauvette.

 

                   FIN.

 

                                                 A partir d'une idée de Max-Louis.            

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07/08/2006

Le chant des sylvains

Peuple invisible de l'océan des arbres, maîtres des marées d'émeraude qui bruissent en vagues de vent aux premières cloches du matin. Dans vos veines point de sang mais la sève des souvenirs, qui coule dans vos coeurs de terre comme elle colle à l'écorce de vos pères. Avec les Hommes imprudents, vous êtes bien généreux, étouffant vos cris dans les racines du monde, pour ne pas gêner ceux qui viennent pourtant vous souiller. Des grands cerfs vous ne pouvez plus boire l'ombre des ramures, des petites rivières ne resteront bientôt plus que sombres sulfures. La mélodie des cisailles résonnant dans l'enceinte malsaine de la futaie, est pour vous, une bien funeste mélopée et pourtant les branches ne sortent point encore leurs épées. Votre royaume demeure en paix mais vos frontières sont sans cesse violées, baffouées, folie inconsciente que vous pardonnez. L'air pur de votre temple vert est, lui, en combat perpétuel avec les fumées de vos bourreaux mais vous préférez sacrifier les vôtres que de détruire l'oeuvre futile de vos ennemis.

Les feuilles qui jonchent le sol de votre palais sont comme un tapis funéraire dans le couloir de votre subsistence mais elles sont aussi le miroir qui reflète l'esquisse de l'ultime page de l'humanité. Trop aveugles qu'ils sont pour comprendre que vous détruire signera la stèle de leur propre anéantissement. Ô princes des fôrets, serviteurs du vent, joignez vos voix à celle de son apôtre, il vous en implore, ne taisez plus vos plaintes, j'entends votre chant mais il faut le faire résonner comme un canon qui rugit au faîte de la bataille. Que les racines se dressent en murailles acérées, que les rivières soient les douves claires de vos forteresses, que les branches soient les bras de votre justice inexorable, que chaque arbre soit votre soldat, que chaque plante soit un bouclier, que chaque graine soit une forge à vos futures armes et que le Vent soit votre général dans sa stratégie insondable. Ecoutez tous le chant des sylvains et entonnez le avec eux... il est temps... il sera chant de guerre ou chant d'adieu

22:56 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

06/08/2006

C'est du caviar... ou bien?

Bon là je vais entrer dans le "touchy" mais je ne fais que parler en observateur libre les amis, les avis sont ouverts...

Alors voilà: Dieu, c'est un peu comme des oeufs de lombe dans des blinis, y a que si t'y crois qu' c'est du caviar. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est que la plupart s'en foutent de ce que c'est réellement mais ils veulent payer le prix de l'esturgeon pour se prouver qu'ils y croient. Si sur la table t'as une nappe en soie et un chandelier en or massif, ils ne questionneront même pas le fait que ça puisse être autre chose que du caviar, rajoute une mandoline et quelques violons et ce sera carrément le cadet de leurs soucis. Si c'est cher c'est pas un problème puisque de toute façon tous ceux qui sont autour y croient aussi... et oui, la foi s'achète comme une thérapie de groupe et ça c'est bien dommage. Le caviar, tout le monde en a entendu parler mais relativement rares sont ceux qui peuvent faire la différence entre le faux et le vrai, si ce sont de petits oeufs noirs au goût particulier ça suffit, par ce que ça colle à l'idée qu'ils s'en font. La religion, peu importe laquelle d'ailleurs, nombreux sont ceux qui s'embarquent dans de longs discours la concernant mais ne répètent souvent que des sortes de lieux communs relativement faux par rapport à l'écheveau originel, lui même construit sur de vastes suppositions, interprétations et inventions. Donc si on t'explique sommairement ce que sont les blinis, qu'on te le fais soi-disant goûter et que tu fais semblant d'apprécier par que ça t'es présenté comme le summum du chic, ça te suffit à déballer partout que t'en a mangé, que tu sais ce que c'est, que t'y crois dur comme fer et que maintenant c'est devenu ton caprice favori. On devrait mettre de gigantesques tapisseries de blinis dans tous les lieux saints et la Terre entière deviendrait plus orthodoxe qu'un copte... je sais, là j'exagère mais parfois j'aime poussé l'humour pour voir jusqu'où on me suit.

Le caviar, qu'il soit de Russie ou d'Iran, ça reste du caviar, alors Dieu, qu'il porte ce nom là ou un autre, ça reste la même entité, preuve que les différentes religions ne sont que des interprétations humaines et éminemment imparfaites d'une seule et même hypothèse. L'omelette, l'oiseau, le taxi, sont tous des phénomènes âprement complexes, il est donc beaucoup plus simple de les réunir sous le couvert d'une unique manifestation divine, supérieure et inexpliquée qui cache son secret bien au fond des blinis. La crêpe des blinis, c'est d'ailleurs un peu comme le ciel, quand tu la refermes tu peut plus voir ce qu'il y a au delà et c'est bien mieux comme ça, alors tu émets pleins de théories en espérant que ce soit bien du caviar, puis, sur sa provenance ou des détails beaucoup plus pointus, qui pourtant ne se vérifieront jamais... enfin qui sait, peut être que si tu t'étrangles avec la crêpe tu gagneras un aller simple vers la réponse. La crêpe c'est du concret, le ciel existe bel et bien, encore que, on vit peut être dans un rêve mais c'est pas le sujet du jour. Ce qu'il y a au delà ce sont des élucubrations plus ou moins plausibles et ça, ça dépendra de l'expérience que t'as dans le caviar. La religion, beaucoup en parlent par ce que ça fait bien et encore si tu vas dans le même sens que les autres, c'est comme le caviar ou plutôt ce qui est supposé l'être, même si tu t'y connais pas, même si t'apprécies pas, t'en prendras de toute façon par ce que sinon ton image en prendra un coup ( clin d'oeil pour toi Gero). Si les gens mettaient autant de force et de conviction en leurs buts qu'à se persuader qu'il s'agisse bien de caviar, ils utiliseraient tout le temps qu'il emploient à fixer la grande crêpe bleue en joignant les mains, pour tenter de trouver activement une solution à la pénurie de l'esturgeon... car la réalité est vraiment précieuse et il n'y a qu'en cherchant la liberté qui nous pousse à attraper nos rêves qui permette de s'en rapprocher.

  

19:36 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

05/08/2006

Le taxi

Des fois, tu sais pas pourquoi t'écris, t'en as simplement envie,

tu sais pas si on t'écoutera ou si tu seras lu, tu t'en fous, dans ces cas là t'écris pour toi... n'est-ce pas toujours le cas d'ailleurs?  Là je pense au temps, pas celui qu'il y a dehors mais celui qui bouffe ta vie, sournoisement, insidieusement, inévitablement, quoiqu'en fait ils semblent bien n'être que deux volets de la fenêtre d'une seule et même réalité... après la pluie vient le beau temps dit-on et après hier vient aujourd'hui, c'est le même cycle immuable qui les caractérisent dans le désintérêt total qu'ils ont de toi.

La vie a pleins d'aspects mais dans cette particularité temporelle, elle est comme un chauffeur de taxi. Un gars bien bavard, à l'ancienne, celui qui n'arrête pas de parler même si tu ne lui réponds pas, il te sourit par ce qu'il sait que tant qu'il te cause, son compteur tourne. Parfois tu tombes dans un embouteillage mais lui c'est pas son problème, il continue son monologue car son compteur n'a pas d'états d'âme, t'en viens alors à te demander si c'est le fait que t'arriveras en retard à ton rendez-vous ou bien le prix supérieur à ce que t'avais estimé qui t'inquiète le plus... ouais probablement que ça dépend du rendez-vous et aussi du prix mais ça, ça revient à pas dire grand chose. L'embouteillage, c'est le moment dans ta vie où tout se bouscule mais que t'avance pas, tu te mutiles le cerveau pour savoir si tu dois sortir du taxi et y aller à pied mais la plupart du temps tu restes dedans car t'espères que ça va s'arranger. C'est vrai parfois t'as un peu de bol et c'est le cas, alors tu t'en ressens pas trop, simple contre-temps justement, pour rester dans le sujet. Mais souvent, ça dure, t'as toujours plus de voitures qui viennent bloquer ton taxi et à l'arrivée tu douilles sévère. Ce compteur là, c'est la seule machine qui tombe jamais en panne, pourtant des fois t'as tellement d'étoiles dans les yeux quand tu montes dans le taxi, que tu le vois même plus et là t'as bien l'impression qu'il s'est arreté. Tu peux aussi avoir l'impression qu'il est trafiqué à d'autres moments, ta vie passe tellement vite que t'as quasiment la certitude qu'elle s'achèvera à la fin de la journée, comme une clope dont t'avais tellement envie que tu la tires d'un coup... mais après il reste plus que des cendres et tu t'en flammes une autre, c'est la même chose à la fin de ce type de journées car elles recommencent le lendemain. Dans la configuration inverse, tu peux aussi fixer le compteur et ne pas le voir bouger. Il tourne tellement lentement que tu te demandes si le chauffeur bosse pas au noir, dans un premier temps tu pourrais te dire que c'est positif mais quand ta vie passe au ralenti c'est souvent que tu sais pas quoi en foutre ou qu'elle t'ennuye et ce triste constat te fais vite déchanter. Peut- être bien que l'enfer c'est en fait une compagnie de ce genre là: "les taxis de l'abîme"... avec au volant nos propres démons car quand t'es face à tes peurs, à tes erreurs, à tes conneries, t'es un peu comme le passager de cette bagnole. C'est pas toi qui est aux commandes et pourtant tu sais que t'auras qu'un certain temps pour les reprendre, car le compteur clignote en rouge sur l'écran digital de ta nuit, de ta vie et tu sais pertinemment qu'il ne s'arretera pas de tourner. Alors t'ouvres la fenêtre pour avoir un peu d'air mais c'est pas ça qui te sauvera, d'ailleurs l'atmosphère est probablement polluée et t'asphyxiera plus qu'autre chose.

En fait, faut pas avoir peur de lui répondre à ce chauffeur bizarrement luné, tu lui fais comprendre que son compteur et lui ont pas d'emprise sur toi, faut que tu profites de chaque moment passé dans son taxi, observe l'extérieur même si c'est pas toujours joli. Peut-etre bien qu'à un feu, tu verras une autre voiture avec une passagère qui te plais, à ce moment là t'en auras plus rien à faire de l'air pollué et t'ouvriras quand même ta fenêtre pour lui parler. Le compteur tourne jamais à reculons... ouais c'est vrai, le temps ne revient pas, seulement si tu le comprends vraiment intimement et que tu vis chaque instant à fond en l'acceptant, tu craindras jamais l'addition.

Puisqu'on parle du temps, j'espère que t'en auras pas trop perdu en lisant ceci.  

20:22 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

04/08/2006

L'oiseau

Je suis là, je suis occupé à m'en griller une, ouais je sais, je devrais pas mais qu'est ce que vous voulez c'est aussi ça la liberté et pendant ce temps je regarde par la fenêtre. Je vois passer un oiseau qui en a rien à foutre du ciel gris. En observant ça, je me demande... est-il libre ce volatile là ou est-ce de la voltige muette? On peut se dire qu'à priori il l'est car il peut voler où il veut, sans contraintes, ailes déployées dans l'embrasure du vent espiègle. Cependant, n'y a t'il pas une autre composante? le fait de ne pas savoir qu'il l'est, de ne pas avoir la conscience de sa propre amplitude. Ce qui me fait dire que, dans la vie, tu ne l'es pas tant que t'en es pas conscient, même si extérieurement les faits semblent concorder pour dire que c'est le cas. A contrario t'as le mec qui se rend parfaitement compte qu'il ne l'est pas et lui, quand il voit l'oiseau, il a envie de lui tirer dessus, il marmonne tout bas en pensant ceci: "me font chier ces oiseaux et encore 'suis heureux quand c'est pas l'inverse, non seulement t'es pas libre mais tu dois encore faire gaffe en levant la tête par ce qu'eux peuvent te prouver quand ils veulent qu'ils le sont". Il en vient même à se demander si l'oiseau a pas été programmé pour se lever plus tôt que toi, juste pour venir t'emmerder avec son gazouilli paradisiaque et te rappeler par la même, que toi, t'en est bien loin de sa mer des nuages. Donc il se dit que le top c'est de bosser la nuit, par ce que toi tu vas seulement dormir quand cet honni chanteur matinal a réveillé tous les autres, ouais ok c'est ce que je fais mais je vous dirai pas dans quoi, du moins pas tout de suite. L'oiseau, il doit pas se questionner sur le sens de sa vie, il connaît pas les omelettes de toute façon, encore que, c'est très propre à l'humain d'imaginer que cet animal ne se pose pas ce genre de questions, il aime garder sa suprématie, faut pas le nier. Même en partant du principe qu'il ne le fasse pas, qu'il n'en a pas la capacité et que celle-ci soit exclusivement réservée à l'Homme, qu'il s'agisse du trait qui le caractèrise au plus profond de son âme obscure. A partir de là, l'humain qui ne se pose pas cette question, n'est-il simplement pas libre, ou bien peut on même aller jusqu'à dire qu'il perd sa qualité d'Homme, puisqu'il s'agit du trait qui s'y rapporte de la manière la plus inévitable? Moi des fois en tout cas, je me dis qu'en fabriquant sans cesse toutes ces pensées envahissantes sur la liberté, ça m'empêche de la savourer totalement aussi... mais que faire alors? voler comme l'oiseau quitte à me prendre un pilone à haute tension par ce que je sais pas où je vais? migrer sans cesse en espérant trouver un ailleurs qui semble plus attirant et me faire descendre en vol par un chasseur d'illusions qui met autant de plomb dans son fusil qu'entre ses dents? Ouais, c'est vrai, je cours pour pas que ma vie me rattrape, les cheveux au vent, je croyais que c'était ça la liberté, le fait que personne puisse t'enchaîner... mais trouver quelqu'un qui te donne envie de rester, envie de te retourner et de faire face à tous les oiseaux que t'as vu passer, envie de tenir une main et de t'envoler en sachant pourquoi. Ouais maintenant je pense que c'est ça la liberté, une direction vers laquelle la donner, car sans but elle est simplement une cicatrice au sucre, qui ne puisse jamais se refermer. Peut être aussi que la véritable liberté est intrinsèquement insaisissable, comme le vent, qu'en fait, tu ne puisse jamais la détenir mais que tant que tu la poursuis, t'es dans le bon. Des oiseaux dans le ciel y en a pleins, venez avec moi et je vous les montrerez, peut être qu'alors vous trouverez cette direction vers laquelle voler. 

16:01 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

03/08/2006

L'omelette

Après m'être plus ou moins présenté, je peux donc entrer dans le vif du sujet et vous faire partager mes délires tout aussi existenciels qu'aveuglément libres. Je reviens au titre de ce blog:

what's this life for? mais avant de se demander à quoi elle sert, il faut peut être se demander ce qu'elle est, cette vie. Je ne vais même pas essayer d'en donner une définition car tout le monde en a une et personne n'en est réellement convaincu. Cependant, je vais m'y plonger par le biais d'images et de métaphores que j'apprécie, encore une fois par ce qu'elles sont un symbole de l'expression libre. C'est toi qui crée le rapport original entre les deux concepts et tu choisis ce que tu veux, même si ça semble dingue. Alors voilà, la vie c'est un peu comme une gigantesque omelette: premièrement tu peux pas en faire sans casser des oeufs mais ça tout le monde le sait. Seulement ce qu'il y a de bien avec l'omelette, c'est que tu peux y mettre un peu ce que tu veux, à charge bien sûr de ne pas oublier ces maudits oeufs.

Les oeufs c'est l'essence de l'omelette, tu dois te demander combien t'en veux, si tu la veux fine ou épaisse, nature ou améliorée, salée ou poivrée, plutôt liquide ou plutôt solide.

Tout ça, ce sont les ingrédients et la façon de les arranger, comme dans la vie où tu dois te demander la manière dont tu l'imagines. Ensuite une fois que t'as répondu à ça, tu peux te questionner sur l'existence de l'omelette ou encore le "pourquoi est ce que c'est ça que je veux bouffer"? Qu'est ce qui fait que t'es vivant, que tu te questionnes sur la nature de l'omelette? le fait que tu respires, le fait que tu souffres, le fait que tu aies des rêves, le fait que tu aies l'intention de les poursuivre ou tout bêtement le fait que tu sois là et que cette seule preuve te suffise? l'omelette peut aussi être baveuse, comme la vie, ou bien au contraire trop cuite et alors tu te brûles; faut donc toujours la surveiller et être attentif sinon elle a pas le goût que t'aurais voulu et tes rêves s'envolent sous un flot de ketchup qui fait à peine passer l'énormité de ton erreur. Des omelettes, y en a partout, tout le monde en fait, c'est la première chose que t'apprends derrière un fourneau, ça paraît trop simple mais justement, c'est ça le danger. Si tu te méfies pas, ton omelette peut paraître très vite conforme car elle rentre dans les cadres mais faut te demander si c'est ça que tu veux vraiment; comme l'individu lambda sait en faire, t'as aucune légitimité ou originalité sur le principe, donc faut te démarquer, faut être créatif, je sais pas moi... mettre un peu de... jambon, non trop classique et déjà fait, le fromage aussi... alors essaie les poivrons, les champignons, mets y ton coeur même s'il est d'artichaut. La cuisine c'est aussi la liberté mais pas si tu t'écartes jamais des recettes ou des clichés, c'est vrai, dans la vie, c'est exactement la même chose. Quand tu dois battre les jaunes avant de les verser dans ta poêle, la réussite dépendra de l'énergie qui tu y mets, si t'y crois pas, t'auras beau surveiller, l'erreur est déjà commise, ton résultat sera pas impeccable, encore une fois là, y a similitude... pour être libre faut y croire de toute son âme, faut se battre sans s'inquiéter des conséquences, faut cracher dans la soupe et la renvoyer si on te la sert froide, faut pas hésiter à rajouter du sel même s'il te mord la chair, ou bien du poivre si t'en as envie, même s'il te monte au nez.

C'est uniquement quand tu as fait tout ça, alors qu'au départ ça paraîssait pourtant si simple, que tu peux rajouter une feuille de basilic pour faire joli et parfumer... alors sourit l'ami, écoute le vent, pour le moment les bouquets ne sont pas chers. 

23:07 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Aidez moi à me réveiller

Voilà, je me lance dans cette aventure... qu'est ce qu'un blog?

ou plutôt qu'est ce que mon blog? c'est peut être une tasse de café sur la table du petit déjeuner de ma vie, j'attendais devant

sans savoir si je devais la boire mais quand j'ai pris la première gorgée pour goûter, je me suis dt qu'il fallait que je me réveille.

Alors me voilà, les yeux pas encore tout à fait acclimatés à la lumière, le souvenir de mes rêves engloutis au bord des paupières et un vieux mégot au bec, dernier garde fou de toutes mes occasions manquées. Je sais pas s'il est de coutume de donner son nom mais moi, je vous donnerai ma fonction, je suis l'apôtre du vent, un gars qui marche, comme un somnambule à la poursuite de la liberté. Seulement il la poursuit tellement qu'il se rend pas compte qu'il laisse tout le reste passer, c'est vrai, de manière générale, j'ai du mal à me fixer. Pourtant les deux ou trois fois où j'aurais voulu le faire, avec des candidates qui semblaient moins dérangeantes que les autres, elle ont fait de mon coeur en quête d'absolu, un prospectus de seconde zone, qu'on déchire dès qu'on a tourné le coin et qu'on est hors de vue de celui qui nous l'a donné. Que vous dire encore sinon qu'ici je vais essayer de vous parler de moi, de vous parler de vous, de vous parler du vent aussi car quand il pousse son cri, il est un second messie, celui du dieu de la liberté. Quant à moi je tenterai donc humblement de m'en faire son apôtre, j'essaierai de vous donner ce goût unique si vous ne le connaissez pas et j'attendrai de vous que vous m'aidiez à me réveiller, aux autres, à ma vie qui court toute seule... souhaitez moi bonne chance... merci et à bientôt.     

18:52 Écrit par L'ap dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |